Dans le journal La Croix du 23 juillet

L’islam, objet de tension entre policiers et jeunes des quartiers populaires

« Il s’agit d’un contentieux qui date des années 1970 et qui s’est transmis sur des générations. »

 

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REMI NOYON et JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS

Le calme semblait revenir peu à peu, hier à Trappes (Yvelines), après les violents affrontements du week-end. Les troubles avaient été provoqués par l’interpellation d’un homme qui avait agressé un policier en raison du contrôle de sa femme intégralement voilée. Chercheurs, représentants de l’ordre et experts regrettent que le fait religieux, notamment l’islam, ne soit pas suffisamment enseigné dans les écoles de police, afin d’éviter des débordements encouragés par certains fondamentalistes.

 

 

Situation « contenue », résumait hier le ministre de l’intérieur Manuel Valls pour faire état des tensions qui règnent encore à Trappes, après deux soirées consécutives d’échauffourées ce week-end. La tension semble s’être quelque peu propagée, la nuit dernière, à des villes alentour (Élancourt, Guyancourt et Montigny-le-Bretonneux), selon l’hôte de la place Beauvau, qui signale deux nouvelles interpellations.

Reste que deux mondes se regardent en chien de faïence, après le contrôle d’une femme intégralement voilée qui avait dégénéré, jeudi. D’un côté le commissariat, situé au beau milieu de la place des Merisiers, où des policiers suréquipés, par rangées de trois, sont positionnés. Tout autour de ce bastion, les immeubles de la cité, d’où les habitants peuvent observer la scène.

« Cela fait tout de suite camp retranché », observe Moussa Khedimellah, sociologue des quartiers populaires et de l’islam. Pour ce spécialiste, qui vit à Trappes, la susceptibilité religieuse a pu contribuer à échauffer les esprits. « Tout cela prend place après des agressions islamophobes survenues ces dernières semaines et auxquelles la communauté musulmane a été très sensible. L’épisode du contrôle d’identité a lui-même sans doute été relayé très facilement après la prière du vendredi. Ajoutons à cela l’énervement provoqué par la chaleur et le jeûne du Ramadan, les conditions n’étaient pas vraiment réunies pour que cela se passe bien », poursuit-il. Sur les réseaux sociaux, les choses vont très vite. « La chasse est ouverte, il est temps de faire un bon nettoyage », écrit un policier sur la page Facebook de Forum police-info.com. Information immédiatement reprise sur le blog musulman AlKanz…

Toutefois, le chercheur considère que ce contexte ne peut expliquer à lui seul la tournure des événements. Il évoque des relations dégradées de longue date entre la police et les jeunes habitants. « Il s’agit d’un contentieux qui date des années 1970 et qui s’est transmis sur des générations. Il y a une colère froide qui sommeille contre la police, vue comme le bras armé d’un pays qui n’a jamais voulu les intégrer. Il ne faut pas grand-chose pour qu’elle éclate », souligne-t-il. « La loi sur le voile a donné une teinte religieuse à un vieux conflit latent entre les jeunes et la police », relève pour sa part Marwan Mohammed, sociologue à l’École des hautes études en sciences sociales, spécialiste de la banlieue.

D’où l’importance de faire preuve de discernement, afin de ne pas créer davantage de troubles qu’il n’en existe déjà, insiste Mohamed Douhane, commandant à Paris, secrétaire national de Synergie officiers. « Il existe quelques fondamentalistes qui sont dans une logique de provocation. Ils cherchent avant tout à instrumentaliser des délinquants pour créer des émeutes », explique-t-il. Selon lui, la loi doit s’appliquer de la même manière pour tous, mais la dimension culturelle de chacun doit être prise en compte. « Pour éviter malentendus, récupérations et victimisations, il faut une connaissance minimale de ce qu’est la religion et un minimum de bon sens. Par exemple, il peut être hasardeux de contrôler une femme voilée sur un marché bondé », précise-t-il.

L’affectation de policiers peu expérimentés dans les quartiers populaires n’aide pas. Avant même les difficultés liées à la relation entre les forces de l’ordre et l’islam, se pose la question de groupes sociaux qui d’ordinaire ne se fréquentent pas. « Les policiers sont issus de classes moyennes et sont envoyés dans les banlieues, qu’ils ne connaissent pas. On n’arrive pas à recruter des policiers issus de ces quartiers. Ceux qui y sont affectés ne font qu’y passer puis s’en vont sans créer de liens » , regrette Christian Mouhanna, sociologue de la police.

Des efforts de formation à la différence culturelle et religieuse existent pour combler ce fossé. Mais ils n’en sont qu’à leurs balbutiements. Omero Marangiu, sociologue de l’ethnicité et des religions, intervient dans les deux centres de formation de policiers en région parisienne auprès de cadres des forces de l’ordre comme d’agents de terrain. Les enseignements qu’il y prodigue sont cependant très orientés vers les questions de sécurité intérieure . « Ce que veut la police en premier lieu, c’est apprendre la description type d’une personne potentiellement impliquée dans un acte de terrorisme. Dès lors, le prisme est déformé. Quand une personne porte sur lui des signes religieux ostensibles, on peut facilement être tenté de le classer dans ce registre et de l’aborder en conséquence », observe le spécialiste.

Le dimanche 30 juin 2013 en l’église St Jean à STRASBOURG, lors de la fête patronale de St Jean-Baptiste et de St Pierre, 4 adultes ont été confirmés par Monseigneur Vincent DOLLMANN, évêque auxiliaire.

Eric ROUSSEAU, de la délégation Police et Humanisme à Strasbourg, faisait partie des confirmands. Plusieurs membres de la délégation avec leurs conjoints étaient venus assister à la célébration. Notre diacre Franck BERNARD, après avoir lu l’Evangile, a accompagné Eric dans le chœur de l’église pendant sa confirmation par Monseigneur DOLLMANN.

Chacun des 4 adultes a témoigné devant l’assemblée, pour exprimer pourquoi il demandait la confirmation. Voici le témoignage de notre collègue Eric :

« Un jour, notre fille, à qui nous avions laissé le choix, a demandé à être baptisée.

Elle m’a naturellement entrainé avec elle dans sa découverte de sa Foi. Et depuis ce jour-là, je n’ai pas cessé de cheminer vers le Seigneur. J’ai rencontré des gens merveilleux qui m’ont fait grandir.

C’est par un enfant que je suis arrivé jusqu’à mon désir d’être confirmé aujourd’hui.

Aujourd’hui, je me sens libre pour demander à l’Esprit Saint de faire de moi une lumière qui éclaire à mes semblables le chemin que Jésus nous a tracés.

C’est ma prière ».

LA PENTECOTE  LILLOISE DE P & H

 

           

 

            Dans la série des manifestations organisées en commémoration du centenaire du diocèse de Lille (1913-2013), celui-ci a fait procéder à l’édification d’un « Village de la Fraternité ». Les associations relevant de la Maison de l’Apostolat des Laïcs ont été invitées à y participer, chacune occupant un stand matérialisé par une tente.

            La délégation lilloise s’est jointe à l’événement qui s’est déroulé les après-midi des 18 et 19 mai de 14 à 18 heures. Jean-Marie et moi, accompagnés dimanche par Annie et Pascal, avons représenté Police & Humanisme.

             La réaction du public passant devant notre stand, passait de la surprise à l’intérêt soutenu ; nous avons perçu beaucoup de compréhension et entendu quelques mots d’encouragement.

             Sur les deux jours, quarante-six personnes se sont arrêtées pour discuter avec nous, soit de notre activité, soit des questions déontologiques y afférant. Nous avons répondu aux questions posées, en expliquant à nos interlocuteurs que notre métier peut – et doit – s’exercer avec humanité, tant à la lumière de notre foi que dans le respect le plus rigoureux de la laïcité.

             Par ailleurs, trente-six exemplaires du Veilleur ont trouvé preneur. Par ordre décroissant d’intérêt du public, ont été emportés les :

- n° 145 : le jubilé de Police et Humanisme (8) ;

- n° 150 : l’espérance qui est en nous (7) ;

- n° 146 : une police en mutation, vers quoi ? (5) ;

- n° 136 : gardien de la paix, plus qu’un métier (4) ;

- n° 141 : l’étranger (4) ;

- n° 147 : le policier et la responsabilité (4) ;

- n° 148 : dans l’élan de Vatican II (2) ;

- n° 137 : le policier et le discernement  (1) ;

- n° 142 : le policier et l’évangile (1).

             Je garde le souvenir de deux après-midi de rencontre et de témoignage, sous un ciel clément et bienveillant. J’y ai renoué contact avec un « ancien » et appris le chemin spirituel d’un jeune de mes connaissances.

             Il fallait participer à cet événement, comme l’ont fait toutes les autres associations relevant de la Maison de l’Apostolat des Laïcs et ce fut l’occasion de contacts fraternels. Quant au bilan de notre témoignage, disons avec l’Ecclésiaste : « L’un sème, l’autre récolte. »

                                                                                   Alexandre  G H A N E M

 

           

 

 

           

André Méheut vient de nous quitter à l’hôpital saint Philibert

(près de Lille)

Il a été le premier aumônier de P&H Lille.  

Ses funérailles seront célébrées samedi à 9 h 30

en l’église du Saint Vincent à Marcq-en-Baroeul

 

 

Rendons grâce pour tout ce qu’il nous a

apporté et avec lui,

à la suite du Christ mort et ressuscité,

continuons la route…

Saint Martin veille sur nous…

et désormais André aussi…

 

 

  

En hommage, ce compte-rendu de la réunion du 18 Octobre 2005

 

C'est une soirée exceptionnelle qu'il nous est donné de vivre. André MEHEUT nous quitte, appelé à d'autres fonctions.Nous saluons la présence de nos amis parisiens, qui, par un trait délicat, ont tenu à effectuer le déplacement jusqu'à LILLE.

Le thème est  : « partir en mission » (Mt 28 16-20).

Après les présentations, Alexandre prononce une brève allocution :

« Mon cher André,

En cette soirée solennelle, plus qu'en d'autres occasions, je te dirai " Mon Père !"

Nous avons tant reçu de toi !

Au titre de Police et Humanisme, tu es à l'origine de sa délégation lilloise ( novembre1999 ) et la présence de nos amis parisiens te montre que c'est la famille policière tout entière qui t'exprime son affection ; nous te devons, en tant que groupe, l'existence.

Lors des évènements qui ont marqué ta présence parmi nous, tu as magnifiquement rempli ta mission ; je pense en particulier au passage d'Eric et à l'Assemblée Générale de LILLE.

Sans arrêt, tu nous as bousculé, d'idée en suggestion, pour nous remettre en question ; c'est à toi que revient l'idée d'organiser nos Messes de la Saint Martin dans des paroisses différentes d'une année sur l'autre.

Ton sens de l'écoute et de l'inattendu me permet d'affirmer que tu nous connais bien.

En est-il de même pour nous ?

Beaucoup peuvent témoigner de la très grande variété des bénéficiaires de ton ministère sacerdotal et pour le peu que j'en connais, je citerai tes actions dans les domaines suivants :

-  création de l' I.I.F.A.C. (Institut International de Formation des Adultes en Catéchèse) ;

-  pastorale de la santé, des cadres ( MCC ), des Avocats Chrétiens ;

-  formation au Séminaire ( C.I.PA.C. ) ;

-  service paroissial ;

 la liste est loin d'être exhaustive !!!

Je note que cette diversité procède d'une idée-force : développer l'apostolat des Laïcs, non seulement comme relais de l'apostolat sacerdotal, mais comme moyen d'évangélisation reconnu à part entière. Et je vois la qualité d'un prêtre à cet éclectisme.

À plusieurs reprises, j'ai trouvé entre Jean DEBRUYNNE et toi des similitudes dans vos parcours et votre appréhension du monde ; je me souviens notamment de ta tonitruante et malicieuse profession de foi : " Plus anticlérical que moi, tu meurs ! " Certes, mais avec des personnalités comme Jean ou toi, qu'on est bien en Eglise !

J'espère que notre fréquentation ne te laissera pas de séquelles sécuritaires !!!

Plus gravement, il est heureux que l'Eglise, par nos aumôniers, comprenne ce qui se joue dans les commissariats.

Chacun de nous peut te dire :"Mon Père, tu nous montres le chemin de Notre Père"

Nous avons tant reçu de toi ! Merci pour tout. »

 

André manifeste une émotion contenue. Puis, prenant la parole, il nous répond à partir de l'Evangile. :

« Depuis que je fréquente les policiers – pas seulement vous – j'ai remarqué que la plupart possèdent au plus haut point le sens du service, de l'écoute, du respect, du concret et revendiquent d'exister et d'agir en être humain au-delà de leurs fonctions.

Agir et être. L'un ne va pas sans l'autre.

Comment agir? Visiter les malades, voire les prisonniers... (Tout apostolat requiert un minimum de formation).

Comment être? Porter sur autrui un regard plein d'humanité, détecter le malaise qui guette son prochain...

Partir en mission, c'est trouver les créneaux à prendre ; tout mouvement d'Eglise doit être un lieu d'épanouissement de l'homme. Comme vous le savez, il ne s'agit pas d'effectuer de recrutement de type totalitaire ou commercial.

Nous sommes dans une société où le désir – la recherche de(s) plaisir(s) – agit comme une drogue. Non qu'il faille rejeter le plaisir, mais l'unir à la joie. La joie est d'un autre ordre : elle réalise des hommes libres, responsables et solidaires. Si le Christ est vivant, je n'ai pas à être désespéré.

Voir l'homme dans son individualité. Nous croyons vivre une période originale dans son goût de l'expertise. Déjà, les contradicteurs de Jésus utilisaient ce type d'argument : «  De quelle autorité dis-tu (ou fais-tu) cela? »

Au sens ecclésial, la Police est un ordre mendiant, c’est-à-dire faisant voeu de pauvreté absolue ; ce qui signifie que les apôtres des policiers seront des policiers. »

Ainsi s'achève la première phase de la vie de notre délégation : six ans déjà !

Le 13 novembre 2005 aura lieu la Messe de la Saint Martin, nouveau commencement.  

 

 

 

Journal "La Croix" du mercredi 22 mai 2013

L’au revoir des religieuses au palais de justice de Paris

Article de Clémence Houdaille

Le 30 avril, les sœurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde ont quitté le palais de justice de Paris où elles travaillaient au quartier des femmes du dépôt de police depuis 148 ans. À leur suite, des bénévoles assureront désormais une présence attentive et chaleureuse auprès des détenues.

C’est dans leur petite chapelle, située entre les murs du palais de justice de l’île de la Cité, que l’adieu leur a été fait. Cent quarante-huit ans de présence au cœur du dépôt de police du palais ont été salués au cours d’une messe d’action de grâce célébrée le 30 avril, par le cardinal André VingtTrois, archevêque de Paris. Avocats, magistrats, gardiennes de la paix avaient tous de bonnes raisons d’exprimer leur reconnaissance à des religieuses aussi discrètes que dévouées. L’absence de vocations depuis une dizaine d’années dans cette congrégation dont la maison-mère est située au Dorat (Haute-Vienne) a conduit la supérieure générale à décider de la fermeture de l’une des communautés, celle du dépôt de police du palais de justice de Paris. « Nous n’étions plus que cinq, et j’étais la plus jeune », explique Sœur Bénédicte, responsable de la communauté du Dépôt qui comptait il y a dix ans encore une douzaine de religieuses.

Dans le quartier des femmes de ce lieu dépendant de la préfecture de police de Paris, où les personnes déférées ne sont présentes que quelques heures (20 au maximum), entre la garde à vue au commissariat et la présentation à un magistrat, les religieuses ont assuré seules toutes les tâches d’accueil et d’administration depuis le 15 août 1865 (le dépôt ayant ouvert l’année précédente), jusqu’en 1999 et l’arrivée de policières avec lesquelles elles ont partagé le travail jusqu’en avril dernier. « Avant 1999, nous nous occupions jour et nuit de la tenue des registres, de l’hébergement, de la nourriture, énumère Sœur Bénédicte. Nous avions seulement un bouton d’alarme pour appeler des policiers en cas de violences. » Une présence historique pour cette congrégation religieuse que l’administration pénitentiaire a appelée dans toutes les grandes prisons de France depuis le début du XIXe siècle. En 1905, lors de la loi de séparation de l’Église et de l’État, les religieuses sont renvoyées des établissements dépendant de l’administration pénitentiaire, mais pas des prisons parisiennes relevant de la Ville de Paris, comme Saint-Lazare ou le dépôt du palais de justice. Une clémence à leur endroit surtout liée à des motifs économiques, l’indemnité versée à la congrégation par la préfecture de police étant largement inférieure à celle d’un personnel laïque.

Mais leur rôle ne s’est pas limité à celui de surveillantes de prison, statut qu’elles avaient jusqu’en 1973. Sœur Dominique, qui a rejoint en 2005 la petite communauté du palais, le résume en trois mots : « Accueillir, écouter, apaiser ». « Les personnes qui arrivent au dépôt sont à un nœud de leur vie, raconte-t-elle. Elles ont commis peu de temps avant un acte parfois criminel, ont été arrêtées, mises en garde à vue. Elles vivent une suite d’angoisse et de peur en attendant de savoir ce qui va se passer pour elles. » « C’est un lieu de détresse », confirme Sœur Bénédicte. Pendant les heures d’attente précédant l’audition devant un juge, les détenues se voyaient proposer un verre d’eau, une boisson chaude et surtout l’oreille attentive des sœurs de la Miséricorde. Des religieuses qui ont aussi apporté au fil des années des « petits éléments de confort » selon Étienne Madranges, avocat général et historien du palais. Couvertures, serviettes, papier toilette, draps changés chaque jour avant l’arrivée des détenues de la nuit… autant de petites attentions humaines qui font du quartier des femmes un lieu à part de celui des hommes, où l’insalubrité avait été dénoncée en février 2009 par un rapport de la Conférence des avocats du barreau de Paris.

Avec leur voile de religieuse et leur croix autour du cou, les sœurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde n’ont pourtant pas toujours été bien vues au palais de justice. Au début des années 2000, un procès leur a été intenté devant le tribunal administratif par des fonctionnaires soucieux de laïcité. Argument rejeté par un arrêt du Conseil d’État en 2001 estimant que l’intervention des religieuses était exclusive de tout prosélytisme. Leur simple présence suffisait à provoquer des confidences ou une quête spirituelle. « Souvent, quand elles montent chez le juge, elles nous demandent de prier pour elles », confie Sœur Bénédicte, une nuance de tendresse dans la voix pour celles qu’elle n’a pourtant croisées que quelques heures.

Si les religieuses ont abandonné leur logement de fonction, voisin des cellules, Sœur Bénédicte et Sœur Dominique continuent depuis début mai à franchir les portes du dépôt trois demi-journées par semaine. « La préfecture de police a accepté qu’une présence soit toujours assurée chaque jour de l’année de 8 heures à 19 heures », explique Sœur Bénédicte. Des bénévoles sont en train d’être formées. Recrutées par les sœurs, ces femmes seront reconnues par la préfecture de police qui leur accordera le titre de citoyens volontaires de la police. Ancienne directrice d’école, Marie-Françoise Lajeau a répondu à l’appel. « Je me familiarise petit à petit avec les lieux, le vocabulaire, l’organisation mise en place par les sœurs », explique celle qui juge essentiel d’ « humaniser » ce temps de référé. « La chapelle est toujours là, la présence eucharistique aussi, insiste Sœur Dominique. Les policières savent qu’elles peuvent aller prier. »