Paru dans Orphéopolis de janvier 2014.

Pour nous aider à préparer notre pèlerinage à Assise sur les pas de Saint-François nous recevrons chaque mois, à partir du 15 janvier, des textes attribués à Saint-François d’Assise.

Le 15 janvier : le texte de la prière que Saint-François aurait formulée devant le crucifix de l’église Saint Damien en 1205 au début de sa conversion et de son changement de vie.

                         Nous y avons ajouté le texte, que Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg et franciscain, a écrit pour le numéro 154 du Veilleur, en ouverture du dossier sur la paix. Nous ne pouvions rêver meilleur lancement pour notre chemin spirituel.

Le 15 février : le texte de la prière pour la paix attribuée à Saint-François.

Le 15 mars : le texte du Cantique de Frère Soleil ou Cantique des Créatures que Saint-François a écrit vers la fin de sa vie.

Le 15 avril : le texte de sa méditation du Notre Père écrite pour les frères de l’ordre franciscain naissant.

Ces textes seront envoyés aux personnes qui se sont inscrites au pèlerinage. Si vous le voulez, vous pouvez, bien-entendu, les envoyer aux membres de vos délégations qui ne pourront pas participer avec nous en mai 2014.  Ce sera une manière de partager avec eux ce qui va nourrir notre pèlerinage.

 

                                                           Noël et Pascal

Messe de la Saint Martin en Bretagne

 

C’est le dimanche 24 novembre 2013 à 10h45, nous nous sommes retrouvés en la cathédrale saint Corentin à QUIMPER pour fêter les 50 ans de la CCPH et les 20 ans de notre saint Patron Saint Martin. Nous avons été accueilli par le père Michel MAZEAS curé de la paroisse, notre aumônier national Noël CHOUX était présent parmi nous ; environ 300 personnes participaient à la messe. Nous avons fait mémoire de nos collègues disparus et plus particulièrement de Jérôme SOTY ; son ex épouse et ses enfants étaient présents. L’animateur de la région Ouest pour ORPHEOPOLIS était présent avec son épouse et représentait la famille de notre collègue de Lorient Thierry DHIOS. Les paroissiens ont été surpris du nombre de collègues décédés et ils étaient de tout cœur avec nous. Je remercie aussi la chorale de la cathédrale pour leur participation. A l’issus de la messe nous avons partagé le verre de l’amitié et nous avons pu échanger avec les collègues présents (3 futures adhésions voir 4 se profilent).

Nous nous sommes donné rendez-vous-même, horaire même lieu, pour l’année prochaine le dimanche 23 novembre 2014 avec Monseigneur Jean Marie LEVERT qui présidera cette célébration.

Michel Cornen

 

 

Du 28 décembre 2013 au 1er janvier 2014 a eu lieu à Strasbourg la 36ème rencontre de Taizé.

Plus de 20 000 jeunes européens se sont retrouvés dans la capitale alsacienne, logés dans des familles de la région.

C’est sur le thème de la communion visible des chrétiens, que Francis et moi, nous avons présenté Police et Humanisme à deux groupes de jeunes de Taizé dans le temple protestant de St Pierre Le Vieux. La particularité de ce lieu est la réouverture, l’an dernier, d’une porte entre l’église catholique et l’église protestante, qui partagent toutes deux le même édifice.

Cela fût l’occasion de faire découvrir la vie de la délégation strasbourgeoise de Police et Humanisme au sein de la paroisse catholique St Jean, de répondre aux questions des jeunes, en français et en anglais. Certains d’entre eux ont soulevé le problème suivant : un policier peut-il vivre sa Foi chrétienne. Nous voyons bien que l’affirmation à l’origine de la création de notre association « on ne peut pas être policier et chrétien » est toujours d’actualité.

Nous avons pu apprécier au cours de nos échanges le merveilleux état d’esprit de ces jeunes chrétiens. Nous espérons que nous aurons su expliquer que nous pouvons vivre les Evangiles en exerçant notre métier de policier.

ERIC ROUSSEAU

 Messe de la Saint-Martin à Bordeaux

 

Le vendredi 15 novembre à 18h, plus de 250 personnes se sont rassemblées dans l’église Notre-Dame en l’honneur de Saint-Martin, dont nous fêtions le 20ème anniversaire de la désignation comme saint patron des policiers de France. C’est aussi le 50ème anniversaire de la fondation de la communauté chrétienne des policiers de France – Police et Humanisme qui invitait à cette cérémonie par Alain Darzacq, le président de la délégation de Bordeaux de la CCPF-PH. Monsieur le Cardinal Jean-Pierre Ricard présidait cette célébration et a prononcé l’homélie que vous trouverez en pièce jointe. De nombreux policiers en tenue assistaient à cette eucharistie, au cours de laquelle la prière s’est élevée pour les collègues policiers décédés pendant l’année écoulée. Le verre de l’amitié, qui a suivi, a permis à de nombreuses personnes de se retrouver et d’échanger. Les personnalités invitées et tous les participants ont apprécié cette initiative et rendez-vous est d’ores et déjà pris pour l’année prochaine. Lors de cette deuxième édition Bordelaise, un groupe de policiers s’est spontanément déclaré intéressé pour soutenir la jeune délégation. Signe du ciel encourageant pour cette jeune délégation.

 

 

HOMELIE DE LA MESSE DE SAINT MARTIN

POUR LES POLICIERS

Chers amis,

C’est une des caractéristiques des sociétés humaines de se donner des lois. Ces lois sont comme des garde-fous qui permettent à tous les membres de ces sociétés de vivre ensemble de façon relativement pacifique. Car, vous le savez,  la paix n’est pas une donnée qui irait de soi, un état naturel que l’on pourrait croire habituel. L’état habituel de l’homme est plutôt une situation souvent visitée par la violence. C’est en édictant un certain nombre de droits et de devoirs s’imposant à tous qu’une société cherche à réguler cette violence, à la canaliser voire à la réprimer. Vous-mêmes, comme fonctionnaires de police, vous êtes chargés de faire respecter la loi et de protéger les citoyens.

Votre profession vous met en contact avec des situations humaines, familiales, sociales difficiles. Vous côtoyez bien des précarités et bien des drames. Vous prenez parfois des risques. Une question peut se poser : que devenez-vous, vous-mêmes, à travers ce qui vous est donné de vivre ?  Devenez-vous, blasés, pessimistes, cyniques, ou au contraire grandissez-vous en expérience et en humanité ?

C’est là que l’Évangile vient à nous ce soir comme un appel et une source d’inspiration. Que nous dit-il ?

Jésus parle à ses disciples de la fin des temps. Il campe la scène du jugement dernier : le Fils de l’homme, c’est-à-dire, le Christ ressuscité, vient dans toute sa gloire, escorté par la multitude de ses anges. Et il va juger toutes les nations. Celles-ci seront rassemblées devant lui. Le terme de nations pour un juif a une signification particulière : ce terme désigne les païens, les « goïm », ceux qui n’appartiennent pas au peuple de l’Alliance, ceux qui n’ont ni la Loi ni les promesses, qui ne connaissent pas le vrai Dieu. Ce sont elles qui vont être jugées. Le Peuple de la promesse, lui, entourera Celui qui vient juger.  Et sur quoi les nations vont-elles être jugées ? Non pas sur leur foi, non pas sur leur connaissance de Dieu, mais sur leur humanité, sur la façon dont est vécue en elles, dans la vie de chacun, la relation au prochain. Tout se joue dans ces gestes très simples, très quotidiens, de solidarité : donner à manger, donner à boire, accueillir l’étranger, vêtir celui qui est nu, visiter le malade ou le prisonnier. Il ne s’agit pas seulement de faire, mais d’être présent à l’autre, de regarder son visage, de le rejoindre dans son humanité.

Nous le savons, dans l’Évangile et en particulier dans la parabole du bon samaritain : le prochain n’est pas forcément celui qui est le plus près de moi, celui qui m’est proche ou celui dont je me sens proche. Il est celui dont je m’approche, quitte à surmonter bien des obstacles ou à parcourir un long chemin pour le rejoindre, comme le fait le samaritain vis-à-vis de l’homme laissé quasiment pour mort au milieu de ce chemin qui descend de Jérusalem à Jéricho. Tout homme sera jugé sur sa volonté de rejoindre son prochain.

Cela suppose qu’on porte sur l’autre un regard qui respecte sa dignité de personne humaine. Même chez celui qui est le plus avili, le moins aimable, reste son humanité, sa dignité d’être humain qui doit être reconnue et respectée.  Jésus, en son incarnation, s’est mystérieusement uni à tout homme. On comprend ainsi que, même si on ne le reconnaît pas, c’est lui qu’on accueille ou qu’on rejette, en respectant la dignité de tout homme, en lui venant en aide et en faisant preuve de bienveillance envers lui : « En vérité, en vérité, dit Jésus, ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait….et ce que vous n’avez pas fait aux plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » (Mt 25, 40 et 45).

Tout homme doit être attentif à cette humanité de son semblable. Le disciple du Christ doit l’être lui aussi, et d’une manière toute particulière. Il doit porter sur l’autre un regard éclairé par sa foi. L’autre, quelle que soit sa vie et quels que soient ses actes, est une créature de Dieu. Il est rejoint par Dieu. Il n’y a personne dont Dieu pourrait en cette vie désespérer. Dieu nous regarde tous avec lucidité et espérance. Il voit notre péché mais ne nous y enferme pas. Il porte sur nous un regard d’espérance et est toujours prêt à nous ouvrir un avenir. Bienveillance et espérance doivent habiter le regard et le comportement d’un disciple du Christ, d’un chrétien, d’un policier chrétien. Saint Paul disait justement aux chrétiens de Colosses : « Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d'humilité, de douceur, de patience; supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l'un a contre l'autre quelque sujet de plainte; le Seigneur vous a pardonné, faites de même. Et puis, par-dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection » (Col. 3, 12-14).

C’est en agissant ainsi que l’on contribue à bâtir la paix, à être ces artisans de paix que Jésus proclame bienheureux : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9). Permettez-moi en terminant de vous rappeler cette prière de Saint François d’Assise, chère au pape François. Elle peut parfaitement être aussi l’idéal et la prière du policier chrétien :

 

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,

Là où est la haine, que je mette l'amour

Là où est l'offense, que je mette le pardon.

Là où est la discorde, que je mette l'union

Là où est l'erreur, que je mette la vérité.

Là où est le doute, que je mette la foi

Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler,

à être compris qu'à comprendre,

à être aimé qu'à aimer.

Car c'est en se donnant qu'on reçoit,

c'est en s'oubliant qu'on se retrouve,

c'est en pardonnant qu'on est pardonné

c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

 

                                                                                  †  Jean-Pierre cardinal RICARD

                                                                                        Archevêque de Bordeaux