GARDIENS DE LA PAIX

 

            Comment ne pas se réjouir d’un pèlerinage des policiers de France à Assise, la ville qui garde l’empreinte encore si fraîche de François, cet homme tout entier habité par la paix !

            Spontanément, dans l’imagination populaire, la police et la paix ne font pas bon ménage.  On retient généralement d’un policier qu’il détient une arme et qu’il est autorisé à l’employer pour défendre ses concitoyens d’un danger ou pour maintenir l’ordre. Les policiers sont donc rangés dans la catégorie des « gens d’armes ».

            Une autre appellation, tout aussi traditionnelle mais hélas moins employée, qualifie certains policiers de « gardiens de la paix ». C’est pourtant une expression d’une richesse très grande et il est vraiment judicieux que vous cherchiez à la promouvoir à travers votre pèlerinage à Assise.

            L’expression « gens d’armes » met en effet l’accent sur un moyen dont vous disposez, et dont il ne serait pas raisonnable de vous déposséder. Dans un monde marqué par la violence des armes utilisées pour nuire aux autres personnes, pour braquer les commerces, pour voler des passants ou pour éliminer des adversaires,  d’autres armes s’avèrent indispensables pour défendre les individus, les groupes ou les sociétés injustement attaquées. Il est clair, cependant, que ces armes doivent être utilisées de manière adaptée et  proportionnée. Certains faits divers récents nous montrent que la notion de légitime défense doit être strictement limitée aux situations de danger imminent, pour ne pas dégénérer en règlement de compte. Et ceci vaut aussi, vous le savez bien, pour les policiers.

            Dans le passé, ceux qui possédaient des armes, qu’ils soient militaires ou policiers, avaient tendance à en abuser pour piller les richesses d’un pays et terroriser leurs habitants. C’est en ce sens que le prophète Jean-Baptiste interpelle les soldats qui viennent à sa rencontre : « Ne faites ni violence  ni tort à personne et contentez-vous de votre solde ». Ces propos sont malheureusement  encore d’actualité dans certains pays livrés à l’anarchie.

            De son côté, l’appellation de « gardiens de la paix » ne met pas l’accent sur le moyen dont vous disposez, mais sur la finalité de votre mission : assurer la paix dans le secteur qui vous est confié, de sorte que la population ne vive ni dans la haine réciproque, ni dans la crainte d’exactions, mais dans le respect mutuel et la confiance en l’avenir. Quelle merveilleuse tâche !

            Vous le voyez bien : même si le patron céleste qui vous a été donné par l’Eglise est saint Martin de Tours – autre grande figure de sainteté, et particulièrement de charité –, vous avez de bonne raisons de placer votre métier sous le regard de François d’Assise, cet homme de paix.

            Cet homme a commencé, dans sa jeunesse, à se battre les armes à la main, mais il s’est senti ensuite la mission d’annoncer aux hommes la paix du Christ par sa parole et par sa vie. Il a merveilleusement illustré la béatitude de Jésus : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ». Et ce n’est pas un hasard si la célèbre prière qui lui est attribuée commence par cette demande : « Seigneur, fais de moi un instrument de paix ».

            Accueillons donc les paroles du pape François à Assise, le 4 octobre dernier :

« Beaucoup associent saint François à la paix, et c’est juste, mais peu vont en profondeur. Quelle est la paix que François a accueillie et vécue et qu’il nous transmet ? Celle du Christ, passée par le plus grand amour, celui de la Croix. C’est la paix que Jésus Ressuscité donna aux disciples quand il apparut au milieu d’eux (cf. Jn 20, 19.20).

La paix franciscaine n’est pas un sentiment doucereux. S’il vous plaît : ce saint François n’existe pas ! Elle n’est pas non plus une espèce d’harmonie panthéiste avec les énergies du cosmos… ! Cela aussi n’est pas franciscain, mais c’est une idée que certains ont construite ! La paix de saint François est celle du Christ, et la trouve celui qui « prend sur soi » son « joug », c’est-à-dire son commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés (cf. Jn 13, 34 ; 15, 12). Et on ne peut pas porter ce joug avec arrogance, avec présomption, avec orgueil, mais on peut le porter seulement avec douceur et humilité du cœur. »

Et le pape concluait son propos par une très courte prière que je vous invite à faire vôtre chaque jour, avant de prendre le service, pour honorer le beau titre de « gardiens de la paix » :

« Nous nous adressons à toi, François, et nous te demandons :

Apprends-nous à être des « instruments de paix »,

 de la paix qui a sa source en Dieu,

 la paix que le Seigneur Jésus nous a apportée. »

 

+ Jean-Pierre GRALLET, OFM

Archevêque de Strasbourg

 

Paru dans Orphéopolis de janvier 2014.

 

 

Du 28 décembre 2013 au 1er janvier 2014 a eu lieu à Strasbourg la 36ème rencontre de Taizé.

Plus de 20 000 jeunes européens se sont retrouvés dans la capitale alsacienne, logés dans des familles de la région.

C’est sur le thème de la communion visible des chrétiens, que Francis et moi, nous avons présenté Police et Humanisme à deux groupes de jeunes de Taizé dans le temple protestant de St Pierre Le Vieux. La particularité de ce lieu est la réouverture, l’an dernier, d’une porte entre l’église catholique et l’église protestante, qui partagent toutes deux le même édifice.

Cela fût l’occasion de faire découvrir la vie de la délégation strasbourgeoise de Police et Humanisme au sein de la paroisse catholique St Jean, de répondre aux questions des jeunes, en français et en anglais. Certains d’entre eux ont soulevé le problème suivant : un policier peut-il vivre sa Foi chrétienne. Nous voyons bien que l’affirmation à l’origine de la création de notre association « on ne peut pas être policier et chrétien » est toujours d’actualité.

Nous avons pu apprécier au cours de nos échanges le merveilleux état d’esprit de ces jeunes chrétiens. Nous espérons que nous aurons su expliquer que nous pouvons vivre les Evangiles en exerçant notre métier de policier.

ERIC ROUSSEAU

Pour nous aider à préparer notre pèlerinage à Assise sur les pas de Saint-François nous recevrons chaque mois, à partir du 15 janvier, des textes attribués à Saint-François d’Assise.

Le 15 janvier : le texte de la prière que Saint-François aurait formulée devant le crucifix de l’église Saint Damien en 1205 au début de sa conversion et de son changement de vie.

                         Nous y avons ajouté le texte, que Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg et franciscain, a écrit pour le numéro 154 du Veilleur, en ouverture du dossier sur la paix. Nous ne pouvions rêver meilleur lancement pour notre chemin spirituel.

Le 15 février : le texte de la prière pour la paix attribuée à Saint-François.

Le 15 mars : le texte du Cantique de Frère Soleil ou Cantique des Créatures que Saint-François a écrit vers la fin de sa vie.

Le 15 avril : le texte de sa méditation du Notre Père écrite pour les frères de l’ordre franciscain naissant.

Ces textes seront envoyés aux personnes qui se sont inscrites au pèlerinage. Si vous le voulez, vous pouvez, bien-entendu, les envoyer aux membres de vos délégations qui ne pourront pas participer avec nous en mai 2014.  Ce sera une manière de partager avec eux ce qui va nourrir notre pèlerinage.

 

                                                           Noël et Pascal

Messe de la Saint Martin en Bretagne

 

C’est le dimanche 24 novembre 2013 à 10h45, nous nous sommes retrouvés en la cathédrale saint Corentin à QUIMPER pour fêter les 50 ans de la CCPH et les 20 ans de notre saint Patron Saint Martin. Nous avons été accueilli par le père Michel MAZEAS curé de la paroisse, notre aumônier national Noël CHOUX était présent parmi nous ; environ 300 personnes participaient à la messe. Nous avons fait mémoire de nos collègues disparus et plus particulièrement de Jérôme SOTY ; son ex épouse et ses enfants étaient présents. L’animateur de la région Ouest pour ORPHEOPOLIS était présent avec son épouse et représentait la famille de notre collègue de Lorient Thierry DHIOS. Les paroissiens ont été surpris du nombre de collègues décédés et ils étaient de tout cœur avec nous. Je remercie aussi la chorale de la cathédrale pour leur participation. A l’issus de la messe nous avons partagé le verre de l’amitié et nous avons pu échanger avec les collègues présents (3 futures adhésions voir 4 se profilent).

Nous nous sommes donné rendez-vous-même, horaire même lieu, pour l’année prochaine le dimanche 23 novembre 2014 avec Monseigneur Jean Marie LEVERT qui présidera cette célébration.

Michel Cornen