Communiqué de Police et Humanisme

15 novembre 2015

 

 

Police et Humanisme - communauté chrétienne des policiers de France - exprime sa profonde compassion et sa totale solidarité avec les proches des nombreuses victimes ayant eu le malheur, ce vendredi soir 13 novembre, de se trouver face à plusieurs commandos déterminés à tuer un maximum de personnes, en des lieux qui paraissaient pourtant voués à la seule joie de vivre, de vivre ensemble dans la confiance et l'amitié. Nous pensons notamment à notre collègue, le Gardien de la Paix Thierry HARDOUIN, et à sa famille.

L’émotion nous saisit, renforcée par les images qui tournent en boucle. C’est le temps du deuil, deuil national. Pour pleurer les morts, remercier les services de soins et les forces de l’ordre, pour aussi prendre conscience que nous sommes en guerre. Temps de tristesse immense.

Mais comme tout deuil, celui que nous vivons peut être l’occasion d’une fraternité retrouvée ou de l’amplification de vieilles querelles familiales ! Viendra le temps, inévitable et légitime, des explications contradictoires et complexes sur les causes de la barbarie djihadiste. Mais il est sans doute important de respecter ce temps du deuil. Faire face, assumer, apprivoiser la violence scandaleuse et finalement inexplicable de la mort. Ecouter Celui qui, seul, l’a vaincu, peut nous aider. En ce dimanche, dans toutes les églises du monde, nous lirons un texte qui arrive comme un cadeau (Marc 24, 32).

Jésus y décrit le chaos d’un monde déboussolé, d’une fin de l’histoire : symboliquement, le soleil et la lune ne jouent plus leur rôle ; les étoiles tombent du ciel. Mais ce n’est pas la peur qui domine, puisque ce drame nous permet de voir le Fils de l’Homme qui vient. La terreur de l’apocalypse devient le lieu du dévoilement d’une victoire inattendue. Alors même que la nuit de l’hiver nous glace, nous sommes invités à voir le figuier qui bourgeonne et annonce la venue de ce Fils d’Homme. Le temple sera détruit, le monde passera mais ces paroles ne passeront pas !

Paroles de foi, contre le peur, d’espérance contre le découragement, d’amour contre la haine. C’est aujourd’hui qu’il nous faut entendre le « n’ayez pas peur » du Ressuscité ! N’a-t-il pas promis d’être avec nous jusqu’à la fin du monde ? Ne laissons pas la mort envahir notre cœur ni les terroristes nous imposer leur vision du monde et ne leur faisons surtout pas crédit de parler au nom de Dieu.

Parce que la détresse est immense, redécouvrons que l’espérance est infinie !