Question de métier

Bon Noël à tous ceux et celles qui, ce soir, veilleront

 

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C’est la nuit. C’est l’hiver. Il fait noir. Il fait froid. Le monde dort, chez lui, bien au chaud.

C’et le sommeil et rien ne ressemble plus à la mort que le sommeil. Pourtant cette nuit d’hiver, il est des gens qui ne dorment pas. Ces gens-là veillent. Ces gens-là sont de garde. Ils sont debout alors que tout le monde est couché.

Ces gardiens veillent sur leurs troupeaux. Ce sont des bergers. Ils passent la nuit. Ce sont des guetteurs. Ils patientent, ils scrutent la nuit jusqu’à ce qu’ils voient le jour sortir des ténèbres. Ils seront les premiers à voir la nuit se déchirer et le jour se lever.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les bergers de Bethléem aient été les premiers à accueillir la naissance de Jésus.

Ils l’attendaient, ils guettaient, ils étaient réveillés, ils étaient debout. Leur cœur était à l’attente et au désir et non pas au sommeil.

Ces gens-là sont des pauvres. Leur vie n’est pas encombrée d’objets, de choses, de gadgets ou de préoccupation.

Ces bergers n’ont pas de grade, pas de plan de carrière, pas de catégories, pas de titres, pas d’images de marque. Ils n’ont pas grand « savoir » mais ils sont capables de « voir ».

Ils voient clair en pleine nuit. Ils écoutent et ils entendent. Le moindre bruit les trouve aux aguets. Rien ne leur échappe.

Ils sont attentifs.

Les premiers, ils se mettent en route vers la crèche où Jésus est né.

Les premiers, ils sont au rendez-vous. Les premiers, ils entrent dans la naissance d’un nouveau monde.

Notre métier de fonctionnaire de police est proche de celui des bergers.

Nous sommes aussi des veilleurs, des gardiens et des veilleurs, des gardiens et des guetteurs.

Nous aussi, nous avons pour métier de faire clarté dans les affaires ténébreuses.

Nous aussi, nous voulons faire toute la lumière.

Mais savons-nous nous servir de notre métier de fonctionnaire de police pour aller vers Dieu ? Comme les bergers ont profité de leur veille pour être les premiers à se rendre à la crèche ?

Notre métier fait de nous des guetteurs, sommes-nous des guetteurs de Dieu ?

Notre métier nous a appris l’attente, sommes-nous aussi capables d’entendre de Dieu ?

Notre métier nous a appris à voir, mais sommes-nous en mesure de « voir » Dieu ?

Notre métier nous met en recherche, sommes-nous des chercheurs de Dieu ?

Avons-nous déjà réalisé combien nos qualités professionnelles peuvent aussi être des qualités de cœur qui mettent en route vers la crèche de Noël ?

En ces temps où, quelquefois en lisant les journaux et en écoutant la radio, la télé et les « on dit », on finirait par douter de nous, il n’est pas inutile de remarquer que le choix des anges de Noël est allé chercher des gardiens, cette nuit-là.

            Des bergers, gardiens de troupeaux et donc gardiens d’un peuple.

            Des gardiens de la Paix.

            Bon Noël à tous !

Jean Debruynne