MESSE au DÉPÔT du PALAIS de JUSTICE de PARIS

 

Ce mardi 1er Mars 2016,  à douze heures trente, nous sommes une quinzaine de personnes à entrer,  par la lourde porte blindée, dans les locaux du dépôt, au Palais de Justice, quai de l'Horloge,  mais administrés par la Préfecture de Police.

Ici, des bâtiments fort anciens, abritant pour des séjours de courte durée, détenus, hommes et femmes.

Peu d'entre nous savent que ces salles, classées, s'appelaient autre fois « salles Saint Martin ».

Nous nous dirigeons vers la chapelle, dans le pavillon « Femmes ». Jusqu'en 2013 et pendant 15O ans cette partie du dépôt était sous la responsabilité des religieuses de la communauté « Marie Joseph et de la Miséricorde ». Elles ont été remplacées par des civils et des fonctionnaires de Police féminines  mais continuent  à venir 3 jours par semaine.

Nous sommes accueillis, fidèles d'un jour, venant pour moitié de notre association, et moitié d'autres fonctionnaires  de Police, , par le père Choux, tout « auréolé » de ses nouvelles fonctions de « référent catholique » nommé par le Préfet, et par sœur Dominique.

Cette dernière nous fait entrer dans la chapelle, ornée de boiseries, avec un autel juste devant des vitraux cachant à peine de lourds barreaux.  Elle possède une vingtaine de bancs avec prie Dieu pour environ une cinquantaine de personnes. La religieuse est très heureuse  de notre présence. Elle nous parle rapidement de son Ordre dont la devise était, au Dépôt,  « Accueillir-Ecouter-Apaiser ».

La messe est suivie avec ferveur et conviction car chacun sait que les murs qui nous entourent sont emplis de souffrance et désespoir.

Le père Choux nous parle de l’Évangile du jour (Matthieu), qui nous fait notamment réfléchir sur le pardon. Le « Notre Père » dit ensemble, est empreint de chaleur fraternelle. La célébration se termine par un chant à la Vierge.

La messe a été dite. Et nous nous disons, sur une dernière bénédiction du célébrant, rendez vous le mois prochain. Même premier mardi, même heure. Et même joie.

 

Michel Roure

 

Homélie Messe de la St Martin pour les policiers – Morlaix – samedi 14 novembre 2015

 

Il y a deux jours, s’ouvrait à Tours l’année jubilaire des 1700 ans de la naissance de St Martin qui donnera lieu à de nombreux pèlerinages vers Tours où il était évêque au 4ème  siècle. Cette année jubilaire correspond à l’année jubilaire de la Miséricorde que le pape François va ouvrir dans quelques jours. Ces deux événements ne sont pas incompatibles, bien au contraire, puisque St Martin a manifesté la miséricorde de Dieu de façon très concrète durant sa vie et nous savons à quel point son témoignage touche les policiers car il les rejoint dans les défis quotidiens de leur mission.

Sulpice Sévère, qui était historien et ecclésiastique au 4ème siècle, contemporain de St Martin donc, écrivait dans sa biographie : « Martin sut longtemps à l'avance qu'il allait mourir, et dit à ses frères que la disparition de son corps était imminente. Auparavant, il dut aller visiter la paroisse de Candes, car les clercs de cette Église étaient divisés et il désirait y rétablir la paix. Il n'ignorait pas qu'il était à la fin de sa vie, mais ce motif ne l'empêcha pas de partir, car il estimait que ses vertus atteindraient leur accomplissement s'il pouvait rendre la paix à cette Église. »

Ce qui frappe dans ce témoignage, c’est la force intérieure qui permet à St Martin de surmonter sa fatigue qui devait être extrême puisqu’il arrivait au terme de sa vie et il le sentait dans sa chair. De fait, il mourut très peu de temps après. C’est dans son espérance de trouver l’accomplissement de sa vie au-delà de la mort qu’il trouva la force de surmonter sa fatigue au-delà des limites humaines.

Mais sur quoi se fonde-t-il pour croire cela ? Qu’est-ce qui lui donne une telle Espérance ?

Les textes de la liturgie que nous venons d’entendre ne sont pas faciles à comprendre, notamment la  première lecture et l’Evangile car ils utilisent un langage « apocalyptique » auquel nous ne sommes pas familiers. Mais à travers des images symboliques ces textes nous ouvrent à un aspect de notre foi qui est très important : c’est notre Espérance.
Jésus nous rappelle que notre monde est, il est vrai, marqué par des détresses, des cataclysmes, des guerres, des violences comme nous venons d’en faire encore la dramatique expérience hier soir dans les attentats de Paris mais, contrairement à ce qu’on pourrait penserà vue humaine, il ne va pas vers le néant.

L’aboutissement de tout cela sera l’avènement glorieux de Jésus Christ à la fin des temps et le triomphe de la justice et de l’amour véritable. Chacun devra rendre compte de ses actes, en bien ou en mal et, comme l’affirme St Jean de la Croix : « au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ».

Nous lisons dans l’Evangile que le Christ « enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel », autrement dit, ceux qui sont vivants mais aussi ceux qui sont déjà morts. Notre espérance ne se limite pas à ceux qui sont vivants. C’est ce qui donne tant de force à St Martin pour accomplir sa mission. Il croit que l’accomplissement de sa vie va bien au-delà de son existence terrestre.

A partir de là, j’aimerai vous partager quatre réflexions qui me semblent pouvoir nous encourager et encourager les policiers dans leur mission :

1. Comme pour St Martin, la certitude que rien ne pourra empêcher le Christ de réaliser son dessein de rassembler l’humanité dans l’amour de Dieu, doit nous aider à ne pas désespérer de l’humanité.
Les faits pourraient nous y conduire pourtant !
La lutte contre la délinquance se complique aujourd’hui avec la mondialisation du terrorisme qui vient encore de frapper durement notre pays et on se demande jusqu’où cela va s’arrêter.
Mais il y a aussi la violence au quotidien qui se manifeste là où on ne l’attendait pas, comme aux urgences des hôpitaux par exemple ou dans des établissements scolaires.

Quand on est, comme les policiers, affrontés quotidiennement à ces situations, comment ne pas penser que cette emprise du mal est inéluctable ? Comment continuer à regarder les personnes délinquantes comme des êtres humains que le Christ veut délivrer du mal, veut sauver ?
C’est l’espérance qui nous permet de croire que le mal n’aura pas le dernier mot, y compris pour chacune de ces personnes que nous rencontrons. Cela nous pousse à les regarder différemment, à être ferme quand cela est juste et nécessaire, mais à ne pas manquer d’amour pour autant, c’est à dire à avoir cette force d’âme qui permet de surmonter nos sentiments immédiats.

2. L’Espérance que donne le Seigneur est comme un phare qui nous guide dans la nuit. Comme pour St Martin, elle nous encourage à nous engager pleinement au service du bien-commun sans avoir peur. A aller au bout de la mission qui nous est confiée en ayant la certitude que nous trouverons l’accomplissement de notre vie lorsque nous aurons vraiment réussi à être « gardien de la paix » en ce monde. L’Espérance est une grande force pour surmonter les défis quotidiens.

3. Dans l’Evangile, Jésus va jusqu’à dire que lorsque nous verrons toutes ces détresses ce sera le signe que le Fils de l’Homme, autrement dit le Christ, est « proche, à notre porte ».
Cette proximité du Christ, nous la trouvons dans la prière qui renforce notre relation personnelle avec Lui. Etre chrétien, ce n’est pas une simple appartenance à l’Eglise comme à un groupe ou une association, c’est vivre dans une relation d’amitié avec le Christ.
Une amitié qui se manifeste en retour par le don du Saint Esprit dont St Paul dit que ses fruits sont : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi.  » C’est un vrai soutien pour tous mais en particulier pour les policiers qui ont à vivre parfois des missions délicates.

Une amitié avec le christ qui ne se vit pas de façon individuelle. On n’est pas chrétien tout seul. Nous avons besoin les uns des autres pour tenir bon et même grandir dans la foi et l’espérance. C’est la raison d’être de l’association « Policiers et Humanisme ». Ce lien qui nous unit les uns aux autres est aussi précieux pour être solidaires de ceux qui ont des difficultés, qu’elles soient personnelles, professionnelles ou familiales. De ceux qui sont dans la dépression. En nous faisant proches d’eux, c’est le Christ qui réalise sa promesse d’être « proche, à notre porte » comme il le dit dans l’Evangile.

4. Dans la première lecture, le prophète Daniel écrit que « ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais ». Notre Espérance est aussi de croire que ceux qui nous ont quitté, et en particulier ce soir pour les policiers décédés que ce soit dans leur service, par la maladie ou même par désespoir ne sont pas perdus. Ni pour Dieu, ni pour nous.

Les « maîtres de justice » pour le prophète Daniel, sont ceux qui ont guidé le peuple dans le droit chemin. Les policiers y participent pour leur part. Bien sûr, personne n’est parfait, nous sommes tous pécheurs, mais comme le rappelle l’auteur de la lettre aux Hébreux, lue en deuxième lecture : « Jésus Christ(…) après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu ». Jésus est en mesure de nous délivrer du mal pour nous faire entrer dans la vie éternelle. C’est dans cette Espérance que nous prions pour eux ce soir ainsi que pour leurs familles.

« Le ciel et la terre passeront, dit Jésus, mes paroles ne passeront pas ». En cette période particulièrement dramatique, que cette Bonne Nouvelle nous tienne chaque jour dans l’Espérance. AMEN

+Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon

 

 

 

 

 

 

Communiqué de Police et Humanisme

15 novembre 2015

 

 

Police et Humanisme - communauté chrétienne des policiers de France - exprime sa profonde compassion et sa totale solidarité avec les proches des nombreuses victimes ayant eu le malheur, ce vendredi soir 13 novembre, de se trouver face à plusieurs commandos déterminés à tuer un maximum de personnes, en des lieux qui paraissaient pourtant voués à la seule joie de vivre, de vivre ensemble dans la confiance et l'amitié. Nous pensons notamment à notre collègue, le Gardien de la Paix Thierry HARDOUIN, et à sa famille.

L’émotion nous saisit, renforcée par les images qui tournent en boucle. C’est le temps du deuil, deuil national. Pour pleurer les morts, remercier les services de soins et les forces de l’ordre, pour aussi prendre conscience que nous sommes en guerre. Temps de tristesse immense.

Mais comme tout deuil, celui que nous vivons peut être l’occasion d’une fraternité retrouvée ou de l’amplification de vieilles querelles familiales ! Viendra le temps, inévitable et légitime, des explications contradictoires et complexes sur les causes de la barbarie djihadiste. Mais il est sans doute important de respecter ce temps du deuil. Faire face, assumer, apprivoiser la violence scandaleuse et finalement inexplicable de la mort. Ecouter Celui qui, seul, l’a vaincu, peut nous aider. En ce dimanche, dans toutes les églises du monde, nous lirons un texte qui arrive comme un cadeau (Marc 24, 32).

Jésus y décrit le chaos d’un monde déboussolé, d’une fin de l’histoire : symboliquement, le soleil et la lune ne jouent plus leur rôle ; les étoiles tombent du ciel. Mais ce n’est pas la peur qui domine, puisque ce drame nous permet de voir le Fils de l’Homme qui vient. La terreur de l’apocalypse devient le lieu du dévoilement d’une victoire inattendue. Alors même que la nuit de l’hiver nous glace, nous sommes invités à voir le figuier qui bourgeonne et annonce la venue de ce Fils d’Homme. Le temple sera détruit, le monde passera mais ces paroles ne passeront pas !

Paroles de foi, contre le peur, d’espérance contre le découragement, d’amour contre la haine. C’est aujourd’hui qu’il nous faut entendre le « n’ayez pas peur » du Ressuscité ! N’a-t-il pas promis d’être avec nous jusqu’à la fin du monde ? Ne laissons pas la mort envahir notre cœur ni les terroristes nous imposer leur vision du monde et ne leur faisons surtout pas crédit de parler au nom de Dieu.

Parce que la détresse est immense, redécouvrons que l’espérance est infinie !

 

 

 

Recollection de la délégation Paris – Ile de France

les 18 et 19 octobre 2014 à l'Abbaye Notre Dame de Jouarre

 

 

Les 18 et 19 octobre 2014, nous nous sommes retrouvés à six autour de notre aumônier, le père Noël CHOUX, à l'abbaye Notre Dame de Jouarre, afin d'approfondir notre réflexion sur l'exhortation apostolique du Pape François « La joie de l'Evangile », dossier du dernier Veilleur.

En ce beau week-end d'automne, nous avons profité du magnifique cadre de l'abbaye, à l'hôtellerie totalement rénovée. Nos travaux, étalés sur les deux jours, ont été entrecoupés de prières avec les sœurs, dont les mélodieux chants résonnent encore à nos oreilles.

Comme d'habitude, Noël avait préparé durant tout l'été cette recollection et nous a donné l'envie de lire de manière approfondie ce très moderne texte du pape dont nous avons retenu que :

L'Evangile nous apporte la joie et cette joie doit se transmettre. Personne n'est exclu de la joie de la rencontre avec le Christ. Tous ont le droit de recevoir l'Evangile. Les chrétiens ont le devoir de l'annoncer. La communauté évangélisatrice doit se mettre en mouvement, s'impliquer. Les responsables doivent se mettre au service (comme le Christ qui a lavé les pieds de ses disciples). Ce service remplit de joie.

Et c'est dans la joie de l'Evangile, remplis de la confiance secrète et ferme donnée par le Christ que nous nous sommes séparés. Rendez-vous l'an prochain, les 10 et 11 octobre 2015 à Vauhallan.

 

Agnès et Hervé DEYDIER