Assemblée Générale 2018 de Police et Humanisme

Communauté chrétienne des policiers de France

 Lourdes

17, 18, 19 et 20 mai

 

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En cette année 2018, un cadre idéal s’imposait à nous, celui de la cité mariale de Lourdes, où étaient célébrés plusieurs anniversaires : celui des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette (160 ans), celui du Pèlerinage Militaire International (60 ans), et pour ce qui nous concernait celui de notre participation à ce prestigieux rendez-vous (10 ans).

L’ouverture du PMI était d’ailleurs marquée et rehaussée, en cette occasion, par la venue de Mme Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Armées, et par une belle parade aérienne et tricolore de la Patrouille de France.

Nous étions une cinquantaine à nous retrouver le 17 mai dans une salle mise à notre disposition par la Paroisse Saint Joseph de Lourdes. L’ordre du jour de l’A.G. et du conseil d’administration tenu en parallèle était particulièrement étoffé. Il faut en retenir les points suivants :

-          quant aux instances dirigeantes de notre association : un renouvellement partiel et réglementaire du C.A. qui, s’il n’en a pas bouleversé la composition, a été suivi, en son sein, de changements importants pour le Bureau. En effet, il nous a été donné de remercier chaleureusement Dominique Jouët, Président de Police et Humanisme de puis l’A.G. de 2014 tenue à Assise, et qui désirait se voir désigner un successeur. Celui-ci a été élu à l’unanimité des membres du C.A. en la personne de Georges Gaspérini, Commissaire divisionnaire retraité de puis peu, et qui dirigeait jusqu’alors notre délégation de Marseille, son dernier poste ayant été celui de Commissaire Central de la cité phocéenne. Les participants à l’A .G. ont particulièrement apprécié son « discours d’investiture », très tonique et prometteur.

-          Quant à l’accompagnement spirituel de notre Communauté chrétienne des policiers de France, le Père Noël Choux exprimant l’intention de passer le témoin à un nouvel Aumônier National. La démarche est donc engagée auprès de la Mission de France pour qu’à l’automne prochain son successeur prenne le relais. Inutile de souligner combien cette décision de Noël a marqué l’assemblée, après douze années d’un dévouement exemplaire de notre Aumônier à la cause de notre mouvement et d’une attention constante au sort de chacun de ses membres. Des liens de respect et d’affection se sont tissés avec lui, et ce sera toujours un grand bonheur de le retrouver lors de nos rendez-vous importants.

-          Quant aux dates et lieu de notre A.G. 2019. Si nous retenons un souhait du P. Noël Choux , elle pourrait se dérouler du 3 au 5 mai 2019 dans le cadre de la magnifique Abbaye de Cîteaux. D’autres propositions visaient le choix de Marseille ou Bordeaux, et la décision est imminente.

-          Quant aux démarches menées pour améliorer sensiblement la visibilité de Police et Humanisme, dans les rangs de la police nationale et y faire connaître toute la ressource qu’elle peut et désire offrir, notamment aux collègues traversant des difficultés, des épreuves, des doutes ou des découragements dans l’exercice de leurs missions. A l’automne dernier, une campagne d’affichage a été menée avec l’appui des évêques dans de nombreux lieux d’Eglise. A présent, c’est vers l’Administration que nous nous tournons pour une reconnaissance plus affirmée de Police et Humanisme et de ce qu’elle peut apporter au sein de l’institution.

De notre participation au Pèlerinage Militaire International, marqué par la présence de détachements militaires de 64 nations, on retiendra particulièrement les moments où notre Communauté s’est retrouvée autour des siens et porteuse d’un message fort de solidarité et de fraternité avec tous les policiers, spécialement ceux qui nous ont quittés victimes du devoir ou de la maladie. Tout cela était présent à nos esprits lors de la messe du vendredi matin célébrée en la basilique Sainte Bernadette pour les armées françaises, et où nous étions auprès de nos amis gendarmes et sapeurs-pompiers ; lors du dépôt solennel du cierge de Police et Humanisme près de la grotte de Massabielle, en présence du Président national d’Orphéopolis, institution avec laquelle nous entretenons des liens suivis depuis plusieurs années ; lors du Chemin de Croix que nous parcourions ensemble l’après-midi sur les hauteurs de la ville ; le samedi matin lors de la messe célébrée à la chapelle Saint Jean-Marie Vianney, où nous étions rassemblés autour de huit d’entre nous se voyant administrer le sacrement des malades, un moment particulièrement émouvant, où nous avons aussi pensé très fort à tous ceux et celles qui n’avaient pu se joindre à nous et que nous portions dans la prière.

A ces moments centrés sur notre communauté s’est ajoutée notre participation fervente aux grandes étapes du P.M.I., notamment la procession aux flambeaux du samedi soir et la messe internationale du dimanche matin.

Nous avons tous expérimenté le sentiment que, véritablement, la cité mariale de Lourdes n’est pas « un lieu comme les autres ». On y respire un air de joie et de confiance qui ne se borne pas à nous extraire du tumulte et des violences du monde, mais nous aide à les aborder avec un cœur plus serein et chargé d’espérance.

Jean Marie Caccavelli, vice président 

 

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Communiqué de Police et Humanisme

Attentats de l’Aude : un hommage et des leçons

 

En ce vendredi 23 mars, quatre nouvelles victimes viennent de s’inscrire au sinistre palmarès d’une entreprise terroriste pilotée par les zélateurs d’une cause vidant de toute humanité leur religion alléguée, et servie par des êtres tristement incapables de construire la leur au sein d’une société.

Nos pensées vont à ces quatre personnes entrées avec confiance dans une nouvelle journée, et qu’une main insensée a jetées dans une nuit sans retour. Elles vont aussi à leurs familles, à tous ceux qui les aimaient, les estimaient, les côtoyaient. Aux blessés durement atteints dans leur chair et dans leur âme. Notre prière monte pour eux vers Celui qui accueille, console et fortifie.

A nos camarades gendarmes, nous exprimons toute notre solidarité et notre soutien, car nous sommes à la fois bouleversés et admiratifs devant le sort et devant l’attitude qui ont été ceux du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. Officier déjà très estimé de ses pairs, de la population et du pays, il a été en ce moment dramatique serviteur jusqu’au point le plus haut qu’on puisse atteindre.

C’est un amoureux authentique de la vie qui a héroïquement exposé la sienne aux ténébreuses motivations d’un enfant perdu de la République croyant transfigurer la sienne en semant aveuglément la mort.

Il se dit que des milliers d’autres individus, dans notre beau pays, pourraient nourrir de tels sombres desseins. Peut-être faut-il au moins leur dire que le martyre agréable à Dieu ne consiste pas se sacrifier pour ôter de Sa vue un maximum de « mécréants » présumés ou imaginaires, en une sorte d’odieux règlement de comptes, mais à être exemplaire en actes dans la réaffirmation de sa foi, a fortiori lorsqu’elle est bafouée et persécutée. L’étymologie nous rappelle que le martyr est celui qui témoigne. La mort où l’on se risque seul pour sauver d’autres vies rend témoignage à la vie que l’on désire voir triompher au-delà ; celle que l’on encourt afin de la donner sans même laisser la parole à l’autre ne témoigne de rien et n’engraisse que le désert.

En ce sens, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame a témoigné avec bravoure d’une conception du service qui, bien au-delà de beaucoup d’autres, porte des fruits d’humanité et de vie à méditer.

 

Message du pape François

 

«Ayant appris les tragiques attentats survenus à Carcassonne et à Trèbes, faisant plusieurs victimes, je vous fais part de ma tristesse et je confie à la miséricorde de Dieu les personnes qui ont perdu la vie, m’associant par la prière à la peine de leurs proches. Je salue particulièrement le geste généreux et héroïque du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui a donné sa vie en voulant protéger des personnes. J’exprime ma sympathie aux blessés et à leurs familles, ainsi qu’à toutes les personnes touchées par ce drame, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation. Je condamne à nouveau de tels actes de violence aveugle qui engendrent tant de souffrances, et demandant avec ferveur à Dieu le don de la paix, j’invoque sur les familles éprouvées et sur tous les Français le bienfait des Bénédictions divines.

Homélie Messe de la St Martin pour les policiers – Morlaix – samedi 14 novembre 2015

 

Il y a deux jours, s’ouvrait à Tours l’année jubilaire des 1700 ans de la naissance de St Martin qui donnera lieu à de nombreux pèlerinages vers Tours où il était évêque au 4ème  siècle. Cette année jubilaire correspond à l’année jubilaire de la Miséricorde que le pape François va ouvrir dans quelques jours. Ces deux événements ne sont pas incompatibles, bien au contraire, puisque St Martin a manifesté la miséricorde de Dieu de façon très concrète durant sa vie et nous savons à quel point son témoignage touche les policiers car il les rejoint dans les défis quotidiens de leur mission.

Sulpice Sévère, qui était historien et ecclésiastique au 4ème siècle, contemporain de St Martin donc, écrivait dans sa biographie : « Martin sut longtemps à l'avance qu'il allait mourir, et dit à ses frères que la disparition de son corps était imminente. Auparavant, il dut aller visiter la paroisse de Candes, car les clercs de cette Église étaient divisés et il désirait y rétablir la paix. Il n'ignorait pas qu'il était à la fin de sa vie, mais ce motif ne l'empêcha pas de partir, car il estimait que ses vertus atteindraient leur accomplissement s'il pouvait rendre la paix à cette Église. »

Ce qui frappe dans ce témoignage, c’est la force intérieure qui permet à St Martin de surmonter sa fatigue qui devait être extrême puisqu’il arrivait au terme de sa vie et il le sentait dans sa chair. De fait, il mourut très peu de temps après. C’est dans son espérance de trouver l’accomplissement de sa vie au-delà de la mort qu’il trouva la force de surmonter sa fatigue au-delà des limites humaines.

Mais sur quoi se fonde-t-il pour croire cela ? Qu’est-ce qui lui donne une telle Espérance ?

Les textes de la liturgie que nous venons d’entendre ne sont pas faciles à comprendre, notamment la  première lecture et l’Evangile car ils utilisent un langage « apocalyptique » auquel nous ne sommes pas familiers. Mais à travers des images symboliques ces textes nous ouvrent à un aspect de notre foi qui est très important : c’est notre Espérance.
Jésus nous rappelle que notre monde est, il est vrai, marqué par des détresses, des cataclysmes, des guerres, des violences comme nous venons d’en faire encore la dramatique expérience hier soir dans les attentats de Paris mais, contrairement à ce qu’on pourrait penserà vue humaine, il ne va pas vers le néant.

L’aboutissement de tout cela sera l’avènement glorieux de Jésus Christ à la fin des temps et le triomphe de la justice et de l’amour véritable. Chacun devra rendre compte de ses actes, en bien ou en mal et, comme l’affirme St Jean de la Croix : « au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ».

Nous lisons dans l’Evangile que le Christ « enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel », autrement dit, ceux qui sont vivants mais aussi ceux qui sont déjà morts. Notre espérance ne se limite pas à ceux qui sont vivants. C’est ce qui donne tant de force à St Martin pour accomplir sa mission. Il croit que l’accomplissement de sa vie va bien au-delà de son existence terrestre.

A partir de là, j’aimerai vous partager quatre réflexions qui me semblent pouvoir nous encourager et encourager les policiers dans leur mission :

1. Comme pour St Martin, la certitude que rien ne pourra empêcher le Christ de réaliser son dessein de rassembler l’humanité dans l’amour de Dieu, doit nous aider à ne pas désespérer de l’humanité.
Les faits pourraient nous y conduire pourtant !
La lutte contre la délinquance se complique aujourd’hui avec la mondialisation du terrorisme qui vient encore de frapper durement notre pays et on se demande jusqu’où cela va s’arrêter.
Mais il y a aussi la violence au quotidien qui se manifeste là où on ne l’attendait pas, comme aux urgences des hôpitaux par exemple ou dans des établissements scolaires.

Quand on est, comme les policiers, affrontés quotidiennement à ces situations, comment ne pas penser que cette emprise du mal est inéluctable ? Comment continuer à regarder les personnes délinquantes comme des êtres humains que le Christ veut délivrer du mal, veut sauver ?
C’est l’espérance qui nous permet de croire que le mal n’aura pas le dernier mot, y compris pour chacune de ces personnes que nous rencontrons. Cela nous pousse à les regarder différemment, à être ferme quand cela est juste et nécessaire, mais à ne pas manquer d’amour pour autant, c’est à dire à avoir cette force d’âme qui permet de surmonter nos sentiments immédiats.

2. L’Espérance que donne le Seigneur est comme un phare qui nous guide dans la nuit. Comme pour St Martin, elle nous encourage à nous engager pleinement au service du bien-commun sans avoir peur. A aller au bout de la mission qui nous est confiée en ayant la certitude que nous trouverons l’accomplissement de notre vie lorsque nous aurons vraiment réussi à être « gardien de la paix » en ce monde. L’Espérance est une grande force pour surmonter les défis quotidiens.

3. Dans l’Evangile, Jésus va jusqu’à dire que lorsque nous verrons toutes ces détresses ce sera le signe que le Fils de l’Homme, autrement dit le Christ, est « proche, à notre porte ».
Cette proximité du Christ, nous la trouvons dans la prière qui renforce notre relation personnelle avec Lui. Etre chrétien, ce n’est pas une simple appartenance à l’Eglise comme à un groupe ou une association, c’est vivre dans une relation d’amitié avec le Christ.
Une amitié qui se manifeste en retour par le don du Saint Esprit dont St Paul dit que ses fruits sont : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi.  » C’est un vrai soutien pour tous mais en particulier pour les policiers qui ont à vivre parfois des missions délicates.

Une amitié avec le christ qui ne se vit pas de façon individuelle. On n’est pas chrétien tout seul. Nous avons besoin les uns des autres pour tenir bon et même grandir dans la foi et l’espérance. C’est la raison d’être de l’association « Policiers et Humanisme ». Ce lien qui nous unit les uns aux autres est aussi précieux pour être solidaires de ceux qui ont des difficultés, qu’elles soient personnelles, professionnelles ou familiales. De ceux qui sont dans la dépression. En nous faisant proches d’eux, c’est le Christ qui réalise sa promesse d’être « proche, à notre porte » comme il le dit dans l’Evangile.

4. Dans la première lecture, le prophète Daniel écrit que « ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais ». Notre Espérance est aussi de croire que ceux qui nous ont quitté, et en particulier ce soir pour les policiers décédés que ce soit dans leur service, par la maladie ou même par désespoir ne sont pas perdus. Ni pour Dieu, ni pour nous.

Les « maîtres de justice » pour le prophète Daniel, sont ceux qui ont guidé le peuple dans le droit chemin. Les policiers y participent pour leur part. Bien sûr, personne n’est parfait, nous sommes tous pécheurs, mais comme le rappelle l’auteur de la lettre aux Hébreux, lue en deuxième lecture : « Jésus Christ(…) après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu ». Jésus est en mesure de nous délivrer du mal pour nous faire entrer dans la vie éternelle. C’est dans cette Espérance que nous prions pour eux ce soir ainsi que pour leurs familles.

« Le ciel et la terre passeront, dit Jésus, mes paroles ne passeront pas ». En cette période particulièrement dramatique, que cette Bonne Nouvelle nous tienne chaque jour dans l’Espérance. AMEN

+Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon

 

 

 

 

MESSE au DÉPÔT du PALAIS de JUSTICE de PARIS

 

Ce mardi 1er Mars 2016,  à douze heures trente, nous sommes une quinzaine de personnes à entrer,  par la lourde porte blindée, dans les locaux du dépôt, au Palais de Justice, quai de l'Horloge,  mais administrés par la Préfecture de Police.

Ici, des bâtiments fort anciens, abritant pour des séjours de courte durée, détenus, hommes et femmes.

Peu d'entre nous savent que ces salles, classées, s'appelaient autre fois « salles Saint Martin ».

Nous nous dirigeons vers la chapelle, dans le pavillon « Femmes ». Jusqu'en 2013 et pendant 15O ans cette partie du dépôt était sous la responsabilité des religieuses de la communauté « Marie Joseph et de la Miséricorde ». Elles ont été remplacées par des civils et des fonctionnaires de Police féminines  mais continuent  à venir 3 jours par semaine.

Nous sommes accueillis, fidèles d'un jour, venant pour moitié de notre association, et moitié d'autres fonctionnaires  de Police, , par le père Choux, tout « auréolé » de ses nouvelles fonctions de « référent catholique » nommé par le Préfet, et par sœur Dominique.

Cette dernière nous fait entrer dans la chapelle, ornée de boiseries, avec un autel juste devant des vitraux cachant à peine de lourds barreaux.  Elle possède une vingtaine de bancs avec prie Dieu pour environ une cinquantaine de personnes. La religieuse est très heureuse  de notre présence. Elle nous parle rapidement de son Ordre dont la devise était, au Dépôt,  « Accueillir-Ecouter-Apaiser ».

La messe est suivie avec ferveur et conviction car chacun sait que les murs qui nous entourent sont emplis de souffrance et désespoir.

Le père Choux nous parle de l’Évangile du jour (Matthieu), qui nous fait notamment réfléchir sur le pardon. Le « Notre Père » dit ensemble, est empreint de chaleur fraternelle. La célébration se termine par un chant à la Vierge.

La messe a été dite. Et nous nous disons, sur une dernière bénédiction du célébrant, rendez vous le mois prochain. Même premier mardi, même heure. Et même joie.

 

Michel Roure