Hommage à saint Martin

 

En toi nous saluons, ô saint Martin de Tours,

Le négociateur, obtenant sans discours

Qu’une armée ennemie à l’instant se transforme

En gens respectueux de la paix et du droit,

Vite sanctionné pour l’initiative

Par un général fou de fureur et de sang.

Le gardien de la paix  en police secours 

Recouvrant l’indigent de ta part d’uniforme

Car de vivre debout tu lui donnais le droit ;

Ô toi qui fus raillé pour l’initiative

Par tes hommes blasés de ce monde indécent.

Le fils aimé de Dieu recevant à son tour

Le baptême amenant ta seconde naissance,

Quand la vie est marquée au signe de la croix.

Ô toi qui choquas tant par l’initiative

De l’abandon de l’arme et ta quête de sens.

Le moine s’isolant du monde et son atour

Pour s’approcher de Dieu dans l’infini silence,

Écouter le Seigneur, répondre : « E n toi je crois ! »

Toi qui sus conserver dans l’initiative

Le sens de la mesure et le respect des gens.

Le pasteur parcourant sa ville et l’alentour,

Sur la Gaule exerçant le divin magistère,

Des idoles de mort libérant ses esprits ;

Toi qui nous as permis, par l’initiative,

Que païens ne soit plus l’égal de paysans.

L’évêque combattant le schisme sans détour,

Refusant que la foi ne se perde, s’altère,

Portant la vérité – ce qui n’a pas de prix ! – ;

Toi qui fus maltraité dans l’initiative

Par le zèle des gens qu’on nomme « partisans ».

 

Alexandre Ghanem

(parue dans Le Veilleur n° 148)