27 octobre 2013

30ème dimanche ordinaire année C

Luc 18, 9-14

 

Notre relation à Dieu induit notre comportement avec les autres

 

Cette parabole que vient de nous dire Jésus, je me la représente toujours comme un film.

D’abord, un plan large sur les deux hommes :

- Ils font la même démarche, ils montent au Temple.

- Ils ont le même objectif, ils vont prier.

- Ils se retrouvent dans le même lieu, au Temple.

Pourtant, ils sont loin l’un de l’autre. Une distance terrible les sépare.

Le plan suivant se resserre sur le premier homme.

C’est une contre plongée qui le filme du bas et le fait apparaître encore plus grand, encore plus puissant, encore plus imposant et important. Il est au Temple comme il est chez lui, il a la tête haute, il est sur de lui.

C’est un pharisien nous dit Jésus. Un membre de cette secte qui voulait dire « les séparés », ceux qui s’étaient mis à l’écart. Ils étaient environ 6 000 à l’époque de Jésus et comprenaient les scribes, les docteurs de la Loi et quelques prêtres. Organisés en confréries, ils maintenaient la fidélité à la Loi et la ferveur. A l’origine, c’étaient des gens biens, ils avaient le souci de la perfection et de la pureté. Ils croyaient à la résurrection contrairement aux saducéens. Souvent nommés dans les évangiles, nous en connaissons deux par leur nom : Gamaliel et Nicodème, celui qui était venu de nuit parler avec  Jésus. Et puis nous connaissons le plus illustre d’entre eux : Saul, Paul, qui, après avoir lutté contre les chrétiens, s’est converti et est devenu le grand apôtre que nous savons.

Leur erreur, c’est d’avoir pousser leur zèle à l’excès. Ils se sont enfermés dans leur science de la Loi et dans un rigorisme pointilleux qui leur a fait mépriser les autres, ceux qui ne connaissaient pas la Loi, ceux qui ne la pratiquaient pas comme eux. Et surtout, ils ont mis la main sur Dieu. Ils l’ont enfermé dans leurs traditions et leurs règlements. A la place de l’amour de Dieu, ils ont mis leur science religieuse et leur propre justice. 

Que dit-il ce pharisien ? Merci de n’être pas comme les autres, merci d’être quelqu’un de bien, quelqu’un qui suit la Loi, qui peut se vanter de faire tout ce qu’il faut. Finalement, il traite d’égal à égal avec Dieu.

Troisième plan :

Là, la caméra qui filme le collecteur d’impôts est en hauteur. Elle l’écrase. Il paraît encore plus petit. Il ose à peine entrer et se tient à distance. Il baisse la  tête et se frappe la poitrine. C’est un publicain.

Il faisait partie des gens qui collectaient l’impôt pour l’occupant romain. C’était plus qu’un collabo, il était non seulement à la solde de l’occupant, mais en plus il prenait plus d’argent que prévu et s’enrichissait énormément. Ils sont souvent cités également dans les évangiles avec en particulier Lévi, Matthieu, que Jésus va appeler alors qu’il est derrière sa table de comptes. Et puis Zachée, dont nous nous rappelons bien l’histoire et la conversion. C’étaient des gens peu fréquentables et pourtant Jésus va manger avec eux, au grand scandale des Pharisiens.

Que dit-il lui, le publicain, dans sa prière ? Prends pitié du pêcheur que je suis!

Cette parabole nous montre 2 attitudes opposées :

- Une attitude suffisante, de celui qui traite d’égal à égal avec Dieu. Et qui, du même coup, méprise les autres.

- Une attitude effacée de l’homme accablé par ses fautes et qui demande pardon.

C’est ce dernier qui est devenu juste, nous dit Jésus. Une fois de plus l’Evangile nous rappelle que  Dieu ne peut venir que chez les affamés et non chez les repus.

Sans tomber dans ces deux extrêmes, nous oscillons tous entre ces 2 attitudes suivant les différents moments et événements de notre vie. Il est si facile d’être content de soi et de se donner en exemple !

Notre relation à Dieu induit notre comportement avec les autres : ni suffisance, ni jugement, mais une ouverture, une approche favorable qui nous rends réceptifs à ce que l’autre peut nous apporter, à la différence qu’il nous fait découvrir et aux richesses qu’il est en mesure de nous partager.

Notre Communauté chrétienne des policiers de France ne nous enferme pas sur nous-mêmes, au contraire nous y puisons la force d’être toujours plus signe et sacrement de la tendresse que Dieu a pour chaque homme et pour chaque femme, quels qu’ils soient.

Père Noël Choux