18ème dimanche Ordinaire  C                             

4 août 2013                                                

Luc 12, 13-21

 

« Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage »…

Jésus se refuse d’être « instrumentalisé » pour régler les affaires de la famille ou de la société ! Non pas qu’il considère sans intérêt et sans valeur tout ce qui constitue le « vivre ensemble » économique, social ou politique ! Mais toujours, il garde avec justesse une attitude distanciée par rapport aux domaines qui sont de la responsabilité citoyenne et de la liberté de chacun d’entre nous : « Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Mt 22, 21).

Ce refus le rend d’autant plus crédible quand il nous demande de dépasser nos intérêts immédiats pour être attentifs aux enjeux fondamentaux de notre existence ! A quoi sert-il à l’homme d’entasser, d’accumuler les richesses jusqu’à en être saturé et écœuré ? Comme à l’homme riche de la parabole, Dieu me dit : « Tu es fou ! Cette nuit même, on te demande ta vie ! Ce que tu as mis de côté, qui l’aura ? » Et Jésus ajoute : « Il vaut mieux être riche en vue de Dieu. » (Luc 12, 16-21)

Est-ce que je réfléchis quelques fois au terme de mon existence ? Pas seulement la mort ! Le cadeau que me fait Dieu en me donnant la vie, c’est dans quel but ultime ? Bien sûr, je ne peux pas négliger mes responsabilités quotidiennes : c’est à la sueur de mon front que j’aurai les moyens de faire vivre ma famille, comme d’assurer la paix et le calme dans les quartiers, de permettre à chacun de se développer dans le respect et le souci de tous. « Ton ciel se fera sur terre avec tes bras » comme chantait le Père Duval.

Dans tout ce qui donne du poids et de l’humanité à mes engagements humains, j’entends Jésus qui m’appelle à participer, à ma juste place, à la réalisation du projet de Dieu : récapituler toute l’humanité en Christ : « Il n’y a plus de Grec ni de Juif, d’Israélite ou de païen, il n’y a plus de barbare, de sauvage, d’esclave, d’homme libre. Il n’y a que le Christ : en tous il est tout. » (Col. 3,11).

François Tricoche