Commentaire des textes liturgiques du 07 juillet 2013

14ème dimanche du Temps Ordinaire

 Isaïe. 66,10-14c / Ps 66 /Galates 6, 14-18 / Luc 10, 1-12.17-20

 

Jésus nous envoie en mission. A sa suite, répondant à son appel, partons, annonçons sa Bonne Nouvelle. Telle est la tâche qui nous a été attribuée le jour de notre baptême en nous faisant prêtre, prophète et roi, et confirmée des années plus tard avec la force de l’Esprit Saint. Nous devons donc l’accomplir, avec autant de sérieux que de joie, responsables à notre niveau du devenir de l’Eglise, du présent et de l’avenir de nos frères, et de la transmission des valeurs enseignées par Jésus : son amour décliné en sa paix, sa fraternité, sa charité, sa miséricorde.

Mais le chemin est abrupt, semé d’embûches et de pièges. Notre société est de plus en plus areligieuse, et même souvent hostile à la religion, donc à ceux qui, comme nous, croient en Dieu et vivent leur foi. Et dans la police, comment être toléré ? Faut-il se découvrir au risque, réel ou supposé, d’être exclu voire brimé ? Mais peut-on pour autant, sans craindre de perdre notre âme, faire profil tellement bas qu’aucune once d’évangile ne transparaisse de nous ? La jouer fine alors, appliquer ce conseil de frère Roger de Taizé : « ne parle de Jésus que si on te le demande mais vis de telle sorte qu’on te le demande ».

Alors, la moisson étant aussi abondante aujourd’hui qu’elle l’était au temps de l’incarnation de Jésus, les ouvriers peuvent être nombreux, doivent l’être, pour le bien de l’humanité. Pour nous donner du courage, ne cessons pas de lire la Bible et l’histoire de l’Eglise, nous saurons alors que les difficultés furent innombrables pour Jésus lui-même puis ses disciples au fil des siècles, mais que jamais jamais ils ne se sont découragés au point d’abandonner, toujours ils ont fait preuve de persévérance, parfois au péril des leur vie ; regardons, en ce vingt-et-unième siècle, tous nos frères chrétiens de par ce monde à l’inadmissible intolérance, se réunir pour prier, célébrer, partager en ne sachant pas s’ils rentreront chez eux vivants. Ayons tous ces exemples à l’esprit lorsque nous déployons notre vie quotidienne, et n’ayons pas peur, ouvrons toutes grandes les portes au Christ, comme nous y avait invité Jean-Paul II à l’orée de son pontificat. Et notre pape François ne nous dit pas autre chose, lui le berger que chacun attendait, authentique disciple de Jésus, qui est un des nôtres tant il est simple, humble, miséricordieux, tant il est proche des plus petits, des plus faibles et nous invite instamment à le suivre, du centre à la périphérie.

Répondons à l’appel de Jésus, à notre manière, selon nos possibilités, mais ne restons pas inactifs, les bras croisés, en pensant que d’autres, de toute façon, agiront eux. Nous sommes tous responsables de la Bonne Nouvelle.

L’an prochain, nous nous retrouverons à Assise, mettons-nous d’ores-et-déjà en chemin en relisant la vie exemplaire de Saint François. Le Poverello n’était pas un exégète, un théologien, un stratège carriériste de curie, il lisait la Bible en toute simplicité, sa foi de charbonnier au premier plan, et il a vécu l’Evangile, oui réellement vécu.

Après une jeunesse dissolue, après de grandes ambitions chevaleresques, il a rencontré le Seigneur, il s’est converti en entrant dans l’humilité, la simplicité et la pauvreté ; puis, après avoir cherché sa voie quelques années durant, il a entendu ce passage de l’évangile qui est le nôtre ce dimanche. Avec sa fougue habituelle, une fois s’être fait expliquer par le prêtre la signification exacte de cet appel de Jésus, il y a répondu, entièrement et définitivement, s’écriant : « voilà ce que je recherche, voilà ce que je souhaite du plus profond de mon cœur ! ». Il a fait fi des réticences de son époque, de sa famille, il a répondu à l’appel de Dieu, s’efforçant toute son existence de vivre à l’exemple de Jésus-Christ, le seul vrai modèle à suivre, le seul. Suivons son chemin, engageons-nous, donnons tout pour Dieu !

 

                                                                       Laurent Szymczak

                                                                                  Rome