13ème dimanche du Temps Ordinaire

Dimanche 30 juin 2013

Evangile de Luc 9, 51 à 62

           

L’APPEL A LA LIBERTE

 

             Quand le prophète Elie vient trouver Élisée pour lui succéder, celui-ci cultive douze arpents de terre, douze comme les tribus d’Israël. Et, s’il ne vient pas tout de suite, Elisée sacrifie son outil de travail, avant de changer de vie. Le voici devenu libre pour le service de Dieu, et le psaume 29 exprime ce bonheur qu’il a pu ressentir à ce moment.

             Dans l’évangile, à l’enthousiasme fanfaron d’un sympathisant : « Je te suivrai partout où tu iras », Jésus oppose un glaçant : « Le fils de l’Homme n’a pas d’endroit où poser la tête. »Nous observons par ailleurs des mouvements de recul avant le don total : « Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père » ou « Laisse-moi faire mes adieux aux gens de ma maison ». Ces deux requêtes humainement légitimes sont récusées par Jésus au nom de l’annonce du royaume de Dieu. Jésus nous veut libres et disponibles pour le service de Dieu.

Nous remarquons que Jésus, déclaré persona non grata dans un village de Samarie, loin de lui en tenir rigueur et d’attirer la foudre sur lui, respecte sa liberté.

             Saint Paul nous écrit : « Frères, si le Christ nous a libérés, c’est pour que nous soyons vraiment libres », mais nous savons à quel point la liberté fait peur. Dès la sortie d’Egypte, la nostalgie du confort de l’esclavage atteindra le cœur de la majorité des Hébreux ; c’est l’épisode dit du Veau d’Or.

            Nous ressentons souvent une illusion de liberté qui rend terne notre existence, une soif d’amour inassouvie, un sentiment d’errance et de vague à l’âme. Et l’on se dit avec Péguy :

« C’est là que nous avons notre lanternement / Et notre liberté, décevante et totale. » Cette liberté dont parle Péguy ne peut être décevante qu’en dehors de l’amour de Dieu, donc de son prochain « que tu aimeras comme toi-même. » 

             Montherlant, l’un des agnostiques qui a le mieux perçu le génie du catholicisme, nous le signifie ainsi : « Si vous êtes catholique, soyez-le sérieusement ! »

                                                                                               Alexandre G H A N E M