1e mars 2020

Mat 4, 1-11

 

           Le désert c’est la grande mode touristique ! Pourtant c’est le lieu où l’on peut se perdre et mourir. Rien n’y aide à s’orienter. Seule la voix intérieure peut décider des choix, sans autre aide que soi-même. Eric Emmanuel Schmidt a bien décrit dans son livre « la nuit de feu » cette épreuve, où le manque de tout conduit au besoin de tout. Il s’agit à tout prix de mettre fin à la douleur du manque.

        Jésus en tant qu’homme a donc vécu cette tentation. Satan lui offre 3 propositions fortes et pertinentes. Toutes donnaient à Jésus une position de toute puissance : « ordonne et tu seras comblé ». Jésus qui est entrain de subir l’épreuve de la faim verrait les pierres devenir pain et lui-même devenir magicien. D’un oui il obtiendrait aussi l’immortalité, il serait roi au-dessus des rois.

        Jésus dit « non » 3 fois, définitivement non. Il se réfère chaque fois à l’Ecriture. C’est sa boussole. Il est d’un peuple et d’une histoire. Il s’appuie sur eux . C’est son identité. En s’appuyant sur la parole venue de Dieu, il est fort d’une filiation. En disant « non » il prend la décision et nul autre que lui. Son triple non est une triple affirmation de sa liberté.

         A nous aussi, dans nos déserts intérieurs, cette liberté est proposée. Pourquoi ne pas la rechercher pour nous ? Alors que nous venons d’entrer en carême, voyons quelles dépendances sont impliquées dans les tentations de Jésus. Elles sont nôtres. Comment et pourquoi s’en libérer ? Satan est vraiment malin de commencer par un « geste charitable », de donner du pain à qui a faim ! Mais attention, c’est le début du piège de l’avoir, du pouvoir et de la gloire. Nous vivons ces tentations qui se cachent sous des mots plus modestes et trompeurs.

        Plus qu’une belle plaidoirie de Jésus, il s’agit de sa fidélité au Père, non par soumission, ni par raisonnement mais par la force de l’Amour. En 40 jours, notre désert qui est parfois stérile, verra -t-il germer la parole du Christ ?

 

Raymonde Janin