Encore plus !

 

Je m’exprimerai au présent de l’indicatif.

En ces temps où je vis une crise spirituelle aigüe, je m’attache plus ou moins bien à garder la loi de ma religion. Ceci peut faire de moi quelqu’un de convenable, voire « de bien ». C’est agréable, mais insatisfaisant. Comme le respect d’une bonne hygiène de vie ne fait pas de moi un athlète, suivre les commandements divins - même de façon éclairée - ne fait pas de moi un saint - ce qui est pourtant le but recherché.

Jésus s’exprime, faisant usage de la formule balancée : « On vous a dit… », « moi, je vous dis… » Par cette expression, il surpasse la légitimité du Temple prescripteur de la Loi.

Il ne s’agit plus du respect social des 613 prescriptions de la Loi, mais de leur intériorisation : penser à l’adultère c’est déjà le commettre.

Il ne s’agit plus de respecter un serment pris envers le Seigneur, mais de ne pas jurer du tout.

Il s’agit enfin d’être clair avec soi : « Que ton oui soit oui, que ton non soit non ! »

Avec Dieu, c’est sans fin. Il me donne et me demande encore plus et tout le temps !

C’est un amour total, donc - pour moi qui le reçoit et tel que je le vis - à la fois exaspérant et enivrant, tragique et délicieux.

Et cette vie d’amour, nulle loi ne peut la donner.

Alexandre GHANEM