Commentaire des textes du dimanche 2 février 2020

(Ml 3, 1-4 ; PS 23, 7.8.9.10 ; He 2, 14-18 ; Lc 22, 40)

 

                Reconnaître Dieu dans un petit enfant ! Cela nous paraît inimaginable, hors de raison. Comment Syméon, comment Anne y sont-ils parvenus, eux que nous regardons avec tendresse, comme s’ils étaient nos aïeuls extasiés devant le dernier né de la famille ?

Rien pourtant ne laissait présager que le messie serait si petit, si humble, si fragile. Malachie n’avait-il pas écrit que, dans ce même Temple, viendrait le Seigneur, en un jour insoutenable, « pareil au feu du fondeur, à la lessive des blanchisseurs » ? Et le psaume 23 ne le voyait-il pas entrer, ce « roi de gloire », « fort » et « vaillant » ?

Il est là, devant Syméon, devant Anne, porté par ses parents puisqu’il ne peut se mouvoir lui-même, aussi doux et pur que le couple de tourterelles et les petites colombes, et Syméon reçoit « l’enfant dans ses bras », oui il porte Dieu lui-même, et de suite il Le bénit, et Anne elle aussi « proclame les louanges de Dieu ». Leur premier réflexe à tous deux est bien de rendre grâce, de remercier Dieu de cet instant extraordinaire. Et puis jaillit de leur cœur, qui des paroles de vie et d’espérance « à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem », qui un cri profond de soulagement et d’avenir fécond. Oui, Syméon le juste peut désormais mourir tranquille, oui Anne la servante incessante peut laisser déverser des mots d’exultation, on lit sur leur visage une joie intense, on devine leurs traits illuminés : ils voient le Seigneur !

L’Esprit les a conduit, l’Esprit a parlé à travers eux, lucide sur la mission du Christ, « signe de contradiction », mais aussi empli d’une folle espérance et d’un émerveillement éclatant.

Hâtons-nous nous aussi d’espérer ! Hâtons-nous de nous émerveiller ! Oui, le Seigneur est là, non plus devant nous en chair et en os, mais, bien mieux encore, tout au fond de nous, au centre-même de ce qui nous anime, de ce qui nous fait être ce que nous sommes, de ce qui nous fait vivre en donnant un sens à notre existence. Emerveillons-nous devant Dieu et tout ce qu’il a créé, tout ce qu’il crée à chaque seconde, louons-le, rendons-lui grâce, soyons plein d’espérance en ce Royaume qui déjà se construit ici-bas. Soyons des Anne et des Syméon, les yeux écarquillés et le cœur grand ouvert.

 

                                                                                                              Laurent Szymczak