REMISE   

Dimanche 15 septembre

23ème dimanche

 

          Jésus a de mauvaises fréquentations ; il fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! Qui sait, irait-il jusqu’à manger non cacher ? La honte… Scandale chez les gens biens de l’époque. Un prophète ne va pas s’encanailler avec les fractions périphériques de la société. Un peu de tenue, que diable !

 

          Et si c’était précisément là, aux marges sociales les plus pauvres matériellement, moralement, spirituellement que se jouaient l’avenir du monde et son salut collectif ? Dieu ne se pose pas de question de standing ; sa boussole pour se mouvoir parmi les hommes s’appelle la misère sous toutes ses formes, et son objectif atteindre nos coeurs pour leur prodiguer la miséricorde divine.     

          La joie de retrouver ce qui était perdu - la pièce de monnaie, la brebis ou le fils prodigue - ne doit pas nous faire oublier les tourments par lesquels passent la femme, le berger et le père évoqués par les paraboles. Car Dieu s’inquiète de nous comme un père de ses enfants ; il lui en coûte quand l’un de nous tourne mal. Mais, comme des enfants que nous sommes, nous ruons dans les brancards ; nous sommes un peuple à la nuque raide.

 

          Cela ne veut pas dire que Dieu se comporte en « papa gâteau » ; il nous laisse libres de nos actes (comme son peuple adorant le veau d’or au pied du Sinaï) et donc d’en assumer les conséquences. Il nous en coûtera de nous convertir avant de retrouver la paix intérieure auprès de ce Dieu que nous aurons - au mieux - négligé. Cela n’empêche pas de tuer le veau gras pour fêter les retrouvailles.

 

          Sur son lit de mort, mon père résumait l’évangile d’aujourd’hui : « Dieu est un vieux commerçant ; il ne donne rien pour rien. » J’ajouterai ; il peut même, dans sa souveraine bonté, nous accorder la grâce d’une remise.

 

 

Alexandre GHANEM