Dimanche 16 juin 2013

11ème Dimanche ordinaire

Luc 7,36 – 8,3

Aujourd’hui, Jésus est invité chez Simon le pharisien. Or une pécheresse repentante, le sachant là, fait irruption avec un vase de parfum. Son audace est justifiée par la miséricorde qui a fait le renom de Jésus. Elle sait qu’elle sera accueillie et cela lui donne la force de bousculer les préjugés. D’ailleurs elle se reconnaît pécheresse comme le prouvent ses larmes. Le jugement du pharisien est tout fait. Que peuvent valoir ces démonstrations de la part d’une femme vouée au péché ? Jésus sent la gêne éprouvée par celui dont il est l’invité. C’est pourquoi il va au-devant de son hôte qui sait bien que tout homme est en dette quant à la miséricorde qu’on peut lui proposer. Cela Simon peut le comprendre et l’invite à faire de même. En effet, une des plus grandes grâces qui puisse nous arriver est bien celle de pouvoir nous reconnaître pécheurs. La miséricorde divine n’attend pas le cumul de nos mérites. Depuis la faute d’Adam, Dieu prend l’initiative de se mettre en quête de l’homme. La reconnaissance du pardon est d’autant plus grande que la faute est grave : « Tes péchés sont pardonnés à cause de ton grand amour ». Le péché de David, dénoncé par Nathan, met le coupable devant l’importance de sa faute. Seule la reconnaissance loyale de son péché peut mettre le coupable en état de conversion. Chacun n’est-il pas porté à justifier son comportement au nom de sa sincérité ? Qui ne connaît cette désolante expression : « C’est mon choix » ? Ce n’est pas en s’enfermant dans le huis clos de son individualisme que l’on gravit la rude montée de la liberté. A cela s’oppose tant l’impératif catégorique de Kant que cette parole divine : « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». Il y a une déontologie de la liberté : le devoir de vérité, quoi qu’on en dise. Nous récolterons toujours les fruits bons ou vicieux de ce que nous semons. Par sa mort, Jésus nous entraîne avec lui au royaume de l’amour.  C’est l’amour fou du Christ qui le sauve de lui-même et de ses prétentions. D’où sa conviction irréversible devant la folie de la croix : « Je vis dans la foi au Fils de Dieu : il m’a aimé et s’est livré pour moi ». Par la foi, celui que Dieu sanctifie, trouve la dimension de l’amour suprême, celui de la charité divine. Heureux l’homme pardonné : Dieu est sa liberté. Il faut éprouver cette miséricorde pour changer de regard et comprendre l’importance de la contrition, alors que souvent nous nous laissons enfermer dans notre remord au lieu de nous livrer au Baptême de la tendresse de Dieu.

Et nous policier chrétien nous croyons en Jésus Christ ressuscité et en un Dieu qui nous aime sans condition.

« A tes enfants Seigneur accorde ton amour. »

Michel Cornen