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7ème dimanche de Pâques

JEAN 17, 20 - 26

 

 Jeunes Cathos Pentecôte Archives - Jeunes Cathos

 

J’aime ce dimanche situé entre l’Ascension et la Pentecôte. Il nous permet de mieux comprendre ce que les apôtres de Jésus ont vécu, comment ils ont découvert petit à petit sa présence sous d’autres formes que celle qu’ils avaient connue durant les trois années de vie publique qu’ils avaient partagées avec lui. Et il nous permet de mieux comprendre notre propre approche du ressuscité.

Au départ, les apôtres avaient suivi un homme qui les avait appelés un jour, en leur disant : « Viens, suis-moi ! » Et ils l’avaient suivi ! En quittant tout ce qui faisait leur vie. Ils l’avaient entendu parler aux foules et avec quel brio ! « Seigneur, tu as les paroles de la vie ». Ils l’avaient vu faire des miracles. Ils l’avaient vu prendre la défense des petits. Ils avaient été même jusqu’à penser que c’était lui le Messie annoncé qui chasserait l’occupant romain et qui libérerait le pays.

Et puis, un soir, ils avaient assisté à son arrestation, à son semblant de procès, à sa torture et à sa mort sur une croix. Tous leurs espoirs, tous leurs rêves s’étaient alors effondrés.

Puis, des femmes étaient venues leur dire qu’elles l’avaient vu. Puis deux disciples également affirmaient l’avoir rencontré sur la route d’Emmaüs. Et enfin, eux-mêmes avaient fait l’expérience de sa présence au milieu d’eux. Présence différente bien sûr de ce qu’ils avaient connu avant.

Et un beau jour, il les quitte en leur disant qu’il retourne vers son Père, mais qu’il reste au milieu d’eux.

C’est en cela que ce dimanche situé entre l’Ascension et la Pentecôte m’a toujours plu. Les apôtres sont à la recherche d’une autre présence de Jésus, différente encore de sa présence tel qu’il leur apparaissait après sa résurrection. Et nous, nous sommes nous-aussi comme les apôtres en quête de cette présence. Bien sûr, contrairement aux apôtres, nous nous situons après la Pentecôte et nous avons que Jésus nous a envoyé son Esprit. Mais nous leur ressemblons sur bien des points, car nous sommes souvent marqués comme eux par l’absence de Jésus et nous avons bien du mal à repérer sa présence au milieu de nous.

Et pourtant, nous le savons,

Il est présent au fond du cœur de chacun et de chacune quand nous nous mettons sous le regard de Dieu pour prier.

Il est présent au milieu de nous, quand nous sommes réunis en son nom.

Il est présent par les sacrements en particulier par l’eucharistie où nous communions ensemble à sa vie, son corps et son sang.

Il est présent par sa Parole que nous partageons et que nous méditons et qui nous nourrit.

Il est présent par notre vie fraternelle quand nous portons attention à ceux qui nous entourent, en particulier aux petits, car ce que nous leur faisons, c’est à lui que nous le faisons.

Comme les apôtres nous connaissons le doute. Mais n’ayons pas peur du doute. Nous ne connaissons le doute que parce que nous avons été créés libres et que notre vie est une histoire et non pas une fatalité. Dieu nous aime et il veut une réponse libre à son amour. Et cela implique le doute. C’est le gage de la liberté.

De plus, ce doute peut être créateur et source de dynamisme. Je pense à Thérèse de Lisieux qui a traversé la nuit de la foi, comme elle l’a écrit, et qui est devenue la patronne des missions. Par le doute, nous partageons la condition de beaucoup de nos contemporains et parfois même dans nos propres familles et parmi nos proches. Le doute nous évite de juger les autres avec suffisance.

Noël Choux