Evangile du dimanche 18 novembre 2018 (Marc 13,24-32)

 

“Le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel…” C’est un langage apocalyptique. On flaire du sensationnel et on aime bien. Notre monde hyper technique s’intéresse à l’irrationnel autant que les Pygmées d’Afrique Centrale. Et certains chrétiens ne sont pas les derniers quand s’annoncent des phénomènes étranges dans une église. C’est sûrement parce que l’homme est très marqué par l’angoisse de sa condition mortelle : naître, vivre, mourir.

Le merveilleux fait recette sans doute parce que le quotidien est trop banal. Et puis on confond assez facilement l’incroyable et l’événement, le fantastique et le surnaturel. Mais pourquoi donc ce qui arrive à la lune aurait-il plus d’importance que ce qui arrive à l’homme ? Laissons de côté ceux qui abusent de la crédulité des gens. Pas question non plus de justifier toute forme de croyance sous prétexte que ce serait mieux que l’incroyance. Mais les textes de ce dimanche ont des images si fortes qu’il ne faut pas les regarder de l’extérieur. Il faut essayer de les comprendre de l’intérieur.

Comprenons bien que Jésus refuse de ne voir que la peur à travers ces signes apocalyptiques. Cette fin du monde n’est pour lui que l’annonce d’un printemps. Avec l’imagerie de l’époque Jésus évoque une transformation radicale. Il a fallu que les bourgeons éclatent pour libérer les feuilles minuscules du figuier. Le message de Jésus n’est pas message de catastrophe, mais message de lumière. Aujourd’hui encore, on peut ne voir que les déchirures de l’écorce tendre, et s’enfermer dans la nostalgie du passé et ou dans la peur. Mais on peut aussi aiguiser son regard et se faire jardinier de l’été qui s’annonce.

Alors être vigilants, ce n’est pas rêver au futur. C’est vivre le moment présent en restant attentifs aux signes que le Seigneur nous fait. C’est ne pas perdre notre temps à autre chose que d’aimer et d’humaniser la vie. Demain commence aujourd’hui chaque fois que nous posons des gestes de vie, chaque fois que nous accomplissons des choix d’amour.

 

Denis Chautard

D’après une homélie de Robert Tireau, prêtre du Diocèse de Rennes