Méditation du 11 novembre 20158.

 

Ce sont les veuves qui sont à l’honneur dans les textes d’aujourd’hui et pourtant les veuves de l’ancien testament et de l’époque du Christ n’avaient que peu de droits à la mort de leur époux.

Quand Elie s’adresse à la veuve de Sarepta, il connait son dénuement.

De plus cette veuve lui  dit ouvertement que ses réserves sont épuisées et qu’elle mourra avec son fils.

Et pourtant Elie insiste, il lui demande sa confiance, elle obéit, elle donne tout ce qu’elle a.

Elie  est porteur de la promesse de Dieu, il sait que la pauvre femme aura ce dont elle a besoin en abondance et que le royaume de Dieu est inépuisable.

Au Temple, lorsque Jésus enseigne ses disciples, il est très dur avec ceux qui ont le pouvoir ; il ne leur reproche pas d’être des gens importants au sein de la société contemporaine, il ne leur reproche pas les moyens matériels et les biens dont ils disposent, il leur reproche l’utilisation qu’ils en font.

Ces scribes, grands prêtres et autres « fonctionnaires » du Temple sont pleins d’un orgueil qui les écarte de Dieu, alors que leur fonction devrait être la protection et le respect pour les plus pauvres.

Ils donnent de l’argent de façon ostentatoire alors que la veuve donne ses piécettes avec son cœur, gratuitement, sans espoir d’une quelconque reconnaissance.

Elle sait que le Seigneur la voit « de l’intérieur », avec tendresse et que son désintéressement est réel.  Elle a eu un geste de foi authentique.

Plus près de nous et c’est sa fête aujourd’hui, Saint Martin, comme ces veuves a donné gratuitement, discrètement et sans espoir de reconnaissance.

Deux fois il a donné son vêtement à deux pauvres, deux fois (entre autres bienfaits qu’il a prodigués dans son entourage) il a ressenti l’obligation impérative  de répondre à l’appel d’un  pauvre  sur son chemin ou dans son église.

C’est bien dans le visage du pauvre qu’on voit le visage du Christ ; à nous aussi de regarder nos frères avec tendresse, avec  compassion et surtout avec humilité. 

 

Philippe DANGIN.