dimanche 5 août 2018

 

Des besoins à n’en plus finir… sauf quand le pain devient quelqu’un !

Jésus, aujourd’hui, se présente comme le pain véritable qui s’offre à notre faim véritable. Mais cette faim spirituelle qui nous creuse, nous la trompons souvent avec des produits de consommation qui étouffent en nous le désir.

Quel est donc cet homme” qui prétend être une nourriture de vie et nous combler au-delà de tout désir ? Et quel est ce pain que l’Église continue de nous donner en son nom ?

Oh ! Nous savons, ou plutôt nous croyons qu’à travers ce pain et cette coupe nous communions à l’amour dont Dieu nous a aimés. Nous le croyons et pourtant le pain que Jésus nous offre, comme la manne, demeure une question « qu’est-ce que c’est » ? Comme si nos cœurs de croyants n’étaient jamais assez grands pour l’accueillir, tellement Jésus n’est pas venu nous gaver de certitudes mais nous combler de son amour. Et c’est bien différent : les certitudes durcissent le cœur, tandis que l’amour lui donne des ailes et creuse le désir d’aimer.

Péguy disait : “Jésus nous a donnés des paroles vivantes [...] nullement conservées moisies dans de petites boîtes [...] des paroles vivantes qui ne peuvent se conserver que vivantes.” Le croyant ne possède pas la vérité, il s’en nourrit comme d’un pain qui donne faim d’un avenir toujours plus grand. Le croyant est un nomade qui voyage léger parce qu’il compte chaque jour sur Dieu qui s’est fait pour lui parole et pain. Le croyant est homme de désir qui, comme dit saint Paul, se laisse “guider intérieurement par un esprit renouvelé.

Des besoins à n’en plus finir… sauf quand le pain devient quelqu’un. On a souvent le choix entre consommation et communion. C’est la saison des vacances. On y va avec un désir bien légitime de tranquillité et de repos. On rêve de consommer du repos, et on en revient avec, comme souvenirs les plus riches, les rencontres et les découvertes, c’est à dire les moments où il y a eu communion, relation avec d’autres personnes, d’autres formes de vie. Ils sont bien malheureux ceux qui s’enferment dans une solitude de vacances, même somptueuse. Quand le pain devient quelqu’un, il ne s’agit plus de consommer, mais d’entrer en relation, d’entrer en communion.

Des besoins à n’en plus finir… sauf quand le pain devient quelqu’un. Soyons heureux nous autres d’être sur ce chemin humain de la rencontre de notre Dieu, sur ce chemin où le pain devient quelqu’un. La rencontre, la relation, la communion, l’amitié, toutes ces valeurs qui ne rouillent pas en prenant de l’âge. Le reste, il faut petit à petit apprendre à s’en détacher…

 

Denis CHAUTARD

D’après une méditation de Robert TIREAU, Prêtre du Diocèse de Rennes