Méditation du dimanche 27 mai 2018

 

La sainte Trinité

 

(Matthieu 28, 16-20)

 

 

C’est en Galilée, carrefour des nations, que Jésus ressuscité retrouve ses disciples pour leur demander justement d’aller vers toutes les nations et d’en faire à leur tour des disciples. Avec la promesse d’être « avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » va commencer le temps de l’Eglise, privée de sa présence physique mais assurée d’un lien continuel et indéfectible avec Celui qui passe de la condition de l’Envoyé à celle de « l’Envoyeur ».

En cette solennité de la Sainte Trinité, l’accent est porté sur les mots qui précisent le contenu de cet envoi, au sujet des nouveaux disciples suscités : « les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit ». Ils déclinent à leur égard deux objectifs étroitement associés : les faire naître à une vie nouvelle ; les enrichir d’une catéchèse dont la mise en œuvre dans leurs vies les fera sujets, artisans et témoins du Royaume inauguré dans le Christ.

Le baptême que Jésus délègue à ses premiers disciples n’était pas jusqu’alors présent au cœur de son enseignement, et il rappelle, non seulement celui que Jean-Baptiste donnait au Jourdain, y compris à Jésus venu le recevoir, mais aussi les paroles prononcées alors par le fils de Zacharie : « Pour moi, je vous baptise dans de l’eau en vue du repentir…..Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ». Le baptême, avec son rituel de l’eau, garde en cela sa fonction de signe, mais il l’est à présent d’une double volonté appliquée au même but : exorciser les ferments délétères d’une vie quittée pour l’ouvrir aux dons de Dieu, embrasser une nouvelle perspective de vie dans la plénitude. Volonté de celui qui le donne, volonté de celui qui le reçoit, remise solennelle d’un tournant de vie à l’action de Dieu en Son Esprit.

Les mots de Jean-Baptiste, associant le feu à l’Esprit, ont le mérite de nous dire que la progression dans cette vie nouvelle identifiée en Christ passe avec Lui par bien des épreuves, par de nombreux renoncements. Et que si la Géhenne ne peut suffire à purifier Satan, son feu est en cela bien utile à la consomption des multiples obstacles posés en travers de ce chemin de vie, en tant qu’ils sont facteurs de découragement et de chute. Rappelons-nous à ce sujet l’exhortation étonnante à arracher et jeter notre œil au feu s’il nous porte au mal, plutôt que d’y sombrer entièrement…

 

Emergeant parmi les rites initiatiques, le baptême a gardé et développé au fil du temps cette signification d’un plongeon transformateur de vie, marqueur d’une métamorphose de l’être en profondeur. Baptême du feu, baptême de l’air, ne s’agit-il pas, hors d’une visée religieuse, de nommer ainsi des moments où s’opère un changement majeur ? Un « avant » est largué, celui où nous manquait un ingrédient important pour conférer à notre vie une indéniable « valeur ajoutée », la faire avancer vers davantage de plénitude. Se rappeler du baptême que l’on a reçu, de la catéchèse venue préciser le visage de ce Christ qui nous appelle justement à une vie plénière et nous invite à traverser victorieusement nos épreuves comme il a traversé victorieusement les siennes, nous apporte son soutien pour les affronter, n’est-ce pas un trésor inestimable pour tous ceux et celles que leur métier y expose au quotidien, tels les policiers ?

Jean Marie Caccavelli