dimanche 22 avril 2018

4ème dimanche de Pâques

 

“Je suis le bon pasteur, le vrai berger, celui qui donne sa vie pour ses brebis.” Jésus se compare au berger d’orient, ce rude nomade capable de vivre à la dure dans le désert, ce courageux guerrier à qui il arrive d’avoir à se battre contre les bêtes sauvages. On n’aime pas beaucoup l’image du troupeau : ça fait un peu moutonnier. Jésus est lui-même le berger qui donne sa vie pour ses brebis. Pour lui, le troupeau, ce sont d’abord ces brebis exposées aux loups et à tous les dangers du désert si elles ne sont pas rassemblées. “Un chrétien seul est un chrétien en danger” aime à dire le Cardinal Danneels. Ça fait partie de la définition du chrétien que de se rassembler avec d’autres pour partager et pour prier. Sinon, on est sans doute croyant, mais pas encore chrétien.

Le Christ berger donne sa vie pour rassembler ses brebis. Donner sa vie pour que ceux qu’on aime ne se retrouvent pas seuls. On a toujours tendance à croire que donner sa vie est quelque chose d’héroïque. C’est quelquefois vrai. Mais donner sa vie, ou un peu de sa vie, pour ne pas laisser isolés ceux qu’on aime, c’est aussi tout à fait quotidien. Je me rappelle, il y a longtemps, ce jeune de 13 ans, hospitalisé, qui voit arriver le copain qui lui apporte son MP3. Et sa phrase étonnante : “Tu m’as sauvé.”

« Donner sa vie » et « la recevoir de nouveau » résume ce qui s’est passé à Pâques.
Jésus, sur la croix, a aimé jusqu’au bout, jusqu’au pardon de ses ennemis, jusqu’au don de sa vie, et il a reçu à nouveau la vie, mais une vie tout autre, une vie de ressuscité, la plénitude de la vie.

Jésus est pour nous la « tendresse » du Père.

La tendresse du Seigneur nous libère de la peur, nous protège du mal, nous abreuve et nous nourrit.

La tendresse est source de vie, de vie en abondance : elle est douceur, respect, confiance, délicatesse.

Nous souffrons d’isolement, de solitude. Nous connaissons errements et tribulations, chutes et renaissances. Le Seigneur nous parle. Le Seigneur nous écoute. Il connait notre voix – qui exprime le plus profond, le plus intime de notre être. Nous apprenons à reconnaitre sa voix, cette voix qui nous appelle et nous conduit ! Le pasteur connait ses brebis et ses brebis connaissent sa voix !

Denis CHAUTARD

Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d’Ile de France