Dimanche de la Pentecôte

19 mai 2013

Jean 14, 15-16, 23-26

 

« … il est temps d’aller aux périphéries de l’Eglise et de la société.

Ensemble, osons le changement » !

 

Après Diaconia 2013, nous voici, à Lille, en plein Jubilé avec, demain, la grande célébration de la confirmation de 1434 jeunes (795) et adultes (639)… L’Esprit nous est donné pour que nous servions ! Jésus en effet demande à ses disciples de rester fidèles à ses commandements mais il n’en a pas encore donné, sauf peut-être celui de l’imiter dans le service des frères au chapitre précédent mais sans utiliser le mot entolè qui pour l’instant n’a visé que ce que le Père a commandé au Fils : un commandement, une parole, qui est vie éternelle (12, 47-50). On retrouve ici cette identification des commandements (v 15 et 21) à la parole qui donne vie (v 23 et 24). Il ne s’agit donc pas d’abord d’observer des prescriptions particulières pour obtenir la bénédiction divine mais d’écouter une parole. Moïse n’avait pas fait autre chose en recevant puis en transmettant le décalogue, littéralement « les dix paroles » ! Mais ici, ce sont les commandements et la parole du Fils qu’il faut garder puisque ce qu’Il dit vient du Père (v 24). Pas étonnant puisque le Père et le Fils sont un. Celui-ci demandera au Père un autre « paraclètos » : c’est littéralement quelqu’un qui est appelé auprès d’un autre (para-kaléô qui a donné le mot avocat, ad-vocatus) et la première lettre de Jean (2, 1) qualifiera le Christ de paraclet. C’est donc bien sa présence sous une autre forme qui se poursuit.

L’Esprit Saint que le Père envoie au nom du Fils nous enseigne et nous rappelle tout ce que le Fils a dit… et fait : son itinéraire de service aimant et joyeux pour que par notre vie (paroles et actes) nous puissions être ses témoins, sa présence en ce monde. N’est-ce pas ce dont les représentants de toutes nos Eglise se sont souvenus à Lourdes : « Personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à partager. La fraternité n’est pas une option, c’est une nécessité. Nous en avons fait l’expérience forte et joyeuse à 12 000, lors du rassemblement Diaconia, de toutes origines et de toutes conditions, représentant des centaines de milliers de chrétiens engagés au service de leurs frères. A la lecture de l’Evangile, à la suite du Christ serviteur, tous ont appris à écouter la voix des pauvres de notre temps. Chacun a été entendu dans sa singularité : ceux qui souffrent, malades, handicapés, personnes seules ou abandonnées, sans domicile ou mal logées, chômeurs ou précaires, divorcés, remariés ou non, salariés en souffrance ou menacés dans leur emploi, jeunes sans perspectives d'avenir, retraités à très faibles ressources, locataires menacés d'expulsion, tous ont pris la parole. Leurs mots, leurs colères sont aussi dénonciation d'une société injuste qui ne reconnaît pas la place de chacun. Ils sont une provocation au changement. Il est temps de sortir de nos zones de confort. Comme le dit le Pape François, il est temps d’aller aux périphéries de l’Eglise et de la société. Ensemble, osons le changement… »

Ecouter Dieu en écoutant les plus pauvres et oser avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté la construction d’une société fraternelle… Et si c’était la Parole de Jésus, celle du Père que nous dit l’Esprit en cette fête de Pentecôte ? Une Parole qui n’a rien de culpabilisant ni de moralisant, puisqu’il s’agit de se tourner vers Dieu pour mieux écouter l’autre et le servir. Ou plutôt, accueillir la Présence de Dieu en nous pour faire la fête ensemble, avec ceux qui nous paraissent les plus différents, les plus lointains, les plus pauvres. Histoire de s’accoutumer à l’altérité divine ! Dieu, en Jésus, a pris la dernière place… Très belle fête en Eglise ! Une Eglise joyeuse, servante et pauvre…

Pascal Janin