Tous Un

 

                   De sa relégation dans l’île de Pathmos, il a été donné à Jean de voir la fin des temps et le Jugement Dernier ; sa vision lui montre, outre les 144000 des douze tribus d’Israël, « une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues », tous marqués du sceau de Dieu. Nous percevons donc l’universalité du salut, comme en écho avec la venue des Mages « venus d’orient » ou avec la Pentecôte par le don des langues donné aux Apôtres. L’infinie diversité  de cette foule trouve son point d’unité dans le Christ, et dans lui seul. Tous en un.

                   Le point commun de cette multitude de saints (saint = séparé) est de s’être « séparée » du Malin et de la mort par leur rencontre avec Dieu, d’être venus de la « grande épreuve ». Par ce dernier mot, pensons au martyre tout autant qu’à l’existence terne, difficile, éprouvante de celui qui mène - sans souffrance visible - le combat quotidien contre le Tentateur ou Diviseur porteur de désespoir.

                   Ce passage de l’Apocalypse incite à méditer sur la notion de temps chez Dieu. Certes, on connaît l’adage : « L’éternité, ça laisse le temps. » Au contraire, l’éternité suppose, exige, pour nous, l’urgence d’agir pour entrer en sainteté ; que ce soit dans notre vie sociale, professionnelle ou familiale, nous n’avons qu’une vie pour diffuser, par notre façon de vivre, la Parole de Dieu. Et la vie sort de nous en une seconde. Sachons, par  exemple, demander pardon au frère que nous offensons pour nous réconcilier avec lui ; après, c’est trop tard…

                   Dieu attend les enfants prodigues que nous sommes sur le chemin de notre retour vers lui ; Jésus suscite notre désir de le rencontrer et il vient à nous comme jadis dans la maison de Zachée. Nous sommes tous invités aux fêtes du salut ; sachons être les hôtes et les invités de Dieu qui vient chez nous et qui nous reçoit.

                   Cette journée de la Toussaint représente la fête de l’Eglise non seulement universelle mais cosmique ; nous y célébrons tous les saints, connus et surtout inconnus, hommes – et femmes - de « bonne volonté » de tous les temps ; des temps passés, des temps présents et des temps à venir. Au moins nous sommes sûrs de n’oublier personne.                               

 

 Alexandre GHANEM