27° dimanche Ordinaire, année A                         

8 octobre 2017                                 

Mt 21, 33-43

 

 

Quelle inconséquence chez ce Maître de la vigne ! Qu’il envoie des serviteurs désarmés, chercher son fermage, c’est logique. Mais après la réaction meurtrière des métayers, l’envoi d’un nouveau groupe, plus nombreux, mais toujours aussi pacifique… ça ne fait pas très sérieux ! Qu’il s’imagine enfin, qu’en envoyant son fils, les vignerons se montreront plus respectueux, cela relève de l’inconscience !

Il ne viendrait pas à l’idée de policiers d’envoyer des collègues sans arme au devant de criminels, en pensant que l’uniforme suffira à les ramener à la raison et au respect de la vie d’autrui. Nous savons bien que c’est la peur de mourir qui conduit les violents à déposer les armes.

Dieu est un incorrigible optimiste ! Il ne peut se résoudre à utiliser la force contre ceux qui le rejettent, convaincu que seul l’amour peut vaincre la haine. Nous savons bien que, dans la Bible, la vigne représente Israël. Tout au long des âges, Dieu n’a cessé d’envoyer des prophètes pour tenter de ramener son peuple dans le droit chemin de son Alliance. La plupart d’entre eux ont été assassiné par ceux qui voulaient conserver leurs privilèges.

Dans ce passage d’Evangile, Matthieu anticipe sur la mort de Jésus. Dernier des envoyés, il est bien ce Fils unique sur lequel Dieu gardait espoir de voir enfin ses autres enfants se convertir. Mais lui non plus ne sera pas épargné.

Israël a ainsi été dépouillé de son rôle de lumière pour le monde et cette mission sera confiée aux chrétiens. Mais en sommes-nous dignes ? Ne passons-nous pas beaucoup trop de temps à nous critiquer entre nous ? Savons-nous reconnaître tout ce qui nous vient de Dieu et avons-nous à cœur de lui rendre grâce pour tous ses bienfaits ? Peut-être que nous ne tuons plus physiquement les prophètes, mais nos critiques assassines, notre entêtement à camper sur les traditions et les rites qui ne plaisent ne sont-ils pas une manière de refuser de nous déposséder de ce qui ne nous appartient pas ?

Seigneur, aide nous à nous comporter en vrais intendants de tes biens.

 

                                                                       Paul Bagarre