5 mai 2013

6ème dimanche de la Pâque

La paix

 

 

 

                        « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. »

 

            La paix du Christ est davantage que l’harmonie ou l’absence de conflit. Elle est placée au même niveau que la gloire de Dieu. Vous vous rappelez le chant de la nuit de Noël, que nous reprenons à chaque eucharistie : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la  terre aux hommes qu’il aime. La paix du Christ est le projet de Dieu pour les hommes. Mais de quelle paix s’agit-il ?

 

            La logique de Dieu n’est pas forcément identique aux logiques humaines, et encore moins aux calculs qui prévalent dans les négociations politiques. « Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». La manière du monde, elle est souvent blessante et meurtrière. C’est la paix des cimetières. Que de morts, de souffrances, de libertés saccagées pour gagner la paix. La paix du monde, elle est souvent imposée par la force, l’opportunité ou l’humiliation. Elle exige des vainqueurs et des vaincus.

 

            La paix du Christ sépare la justice de l’écrasement, elle dégage le faible de son oppresseur, elle libère le pécheur de son mal, l’accablé de son poids de remords et d’échecs. Elle ne veut que des vainqueurs. Elle ne veut que des libérés. Elle veut des hommes vivants et libres. C’est pourquoi elle est proche de « la gloire de Dieu », qui est l’homme vivant.

 

            Mais cette paix n’est pas un consensus obtenu par la mièvrerie. Elle ressemble à un combat, c’est un affrontement. Le disciple du Christ qui devient artisan de paix n’est pas un poltron qui cherche un arrangement à l’amiable pour ne pas avoir d’histoire. L’artisan de paix doit commencer par débusquer le mal, le dénoncer, le montrer au grand jour, ce qui lui vaut souvent bien des ennuis.

 

            La paix que Jésus nous donne, c’est le patient travail contre nos violences, nos mensonges, nos haines, nos rancoeurs et nos  rivalités, que ce soit dans nos familles, notre lieu de travail, nos relations et à tous les échelons de notre vie dans  la société.

 

            Les irresponsables prennent la paix pour un état d’âme, les calculateurs pour une nécessité, les paresseux pour une bonne affaire. Nous les disciples du Christ, nous recevons cette paix comme une mission, elle nous presse à l’action : construire une cité plus juste et plus humaine. Quelle belle tâche pour des « gardiens de la paix » !

 

 

 

            Père Noël Choux