5° dimanche de Pâques                                

28 avril 2013                                           

Jean 13, 31-35

 

« Je vous donne un nouveau commandement :

comme je vous ai aimés, aimez-vous aussi, les uns les autres ».

Voilà l’horizon qui nous fait avancer ! Voilà une parole qui donne sens à notre vie ! Les chrétiens ne sont pas seulement des gens qui s’enracinent dans le passé, c\\\'est-à-dire dans la mort et la, résurrection du Christ, mais ce sont aussi des croyants qui regardent devant et autour d’eux. Et ce regard qu’ils sont invités à porter sur le monde ne peut être qu’un regard d’amour de bienveillance. Une invitation -plutôt qu’un ordre- à oser un regard d’amour, à oser une parole d’amour. Jésus pourrait-il d’ailleurs nous donner un ordre, surtout celui… d’aimer ! On peut en effet obliger à respecter la loi, la dignité des autres. Il y a des lois pour cela et nous, policiers, sommes justement chargés de les faire appliquer.

Mais l’amour n’est pas un simple sentiment qui peut se commander ! Il est un élan du cœur, inspiré par l’amour même de notre Dieu. Si nous aimons, même maladroitement, ce n’est pas pour obéir à un ordre, mais bien parce que cet « amour-agapè » que l’Esprit a mis en nous, nous porte naturellement à partager aux autres, ce que nous avons reçu de meilleur.

Jésus ne commande pas vraiment, il parle, il explique : « comme je vous ai aimés (sans avoir besoin de me forcer), je vous invite à aimer à votre tour, de tout votre cœur ».

Cet amour donné aux autres, gratuitement, sans contrepartie, c’est le plus beau des signes de notre appartenance au Christ, et les premières communautés s’efforceront de le vivre au quotidien, entraînant l’admiration et la conversion de nombreux païens.

Mais 2000 ans plus tard, notre Eglise est-elle toujours signe de cet amour reçu et donné ? L’amour fraternel est-il encore le signe de notre identité de chrétien, de baptisé ? L’ambigüité de certains « mots d’ordre », de combats hasardeux, dont on se sait plus très bien quelle vérité ils servent, n’est-elle pas de nature à desservir l’image de l’amour parfait qu’a le Père pour tous ses enfants ?

Seigneur, aide-nous, aide nos frères à aimer, comme toi, sans transiger avec la vérité, mais sans rejeter non plus ceux qui ne pensent pas comme nous.

Paul Bagarre