2ème dimanche de Pâques 

Année C

AG PH 2013

 

A part Jean, dont la foi au Christ ressuscité semble avoir été immédiate (« Il vit et il crut » nous a rappelé l’Evangile de Pâques), pour les autres apôtres, il leur a fallu plus de temps pour bien comprendre, pour intégrer la résurrection, pour qu’elle éclaire, pour qu’elle oriente, pour qu’elle transforme véritablement leur vie.

Et cela nous rassure. Car pour la majorité d’entre nous, nous ressemblons d’avantage aux autres disciples qu’à Jean.

Le texte d’aujourd’hui est intéressant pour préciser un peu plus ce qu’est une démarche de foi. On y retrouve 3 dimensions qui sont essentielles :

- d’abord, la foi chrétienne est une rencontre personnelle avec Jésus-Christ ressuscité.

Quand les disciples disent à Thomas qu’ils ont vu le Seigneur, il reste incrédule, il n’est pas contre mais il veut faire la même expérience que les autres. Et c’est une rencontre forte qu’il souhaite, pas simplement voir, il veut toucher. Pour nous aussi, la rencontre du Christ est quelque chose de fort. Bien sur, nous ne l’avons pas touché avec nos  mains, mais nous avons tous fait l’expérience spirituelle d’une présence qui a éclairé nos vies et que nous prolongeons dans une relation qui se tisse au fils des jours et des années. Cette relation avec le Christ a des hauts et des bas, non du fait du Christ mais à cause de nous, de nos vies, des événements qui nous rapprochent ou nous éloignent.

Cette rencontre du Christ, nous pouvons la désirer ou non, l’accepter ou la refuser, mais elle ne dépend pas de nous, elle sera toujours un don.

C’est pour cela que nous devons respecter ceux et celles qui ne partagent pas notre foi et ne pas nous comporter avec suffisance et arrogance à cause d’un privilège qui nous a été donné. Eux aussi sont appelés à rencontrer le Christ, eux aussi ont en eux les promesses de la vie éternelle, en eux aussi l’Esprit est à l’œuvre.

Nous les chrétiens devons être attentifs et accueillants à tous les Thomas de nos communautés et de notre entourage. Ceux qui ont manqué un rendez-vous avec le Christ, ceux qui ont douté. Et nous-mêmes, ne sommes-nous pas parfois parmi les Thomas avec nos doutes et nos remises en cause...

- et cela m’amène à la 2ème dimension : la dimension communautaire et ecclésiale de la foi.

Thomas rencontre le Christ au milieu des disciples. C’est avec eux qu’il en parle et c’est au milieu d’eux qu’il dit sa foi : « mon Seigneur et mon Dieu ». Il ne dit pas : notre Seigneur et notre Dieu, il dit bien : mon Seigneur et mon Dieu, il y a bien une relation personnelle à Dieu. Mais son acte de foi est entendu par les autres, il est, on pourrait dire : avalisé, officialisé par la communauté des disciples. Et c’est au sein de cette communauté qu’il va en parler, qu’ils vont échanger et partager sur leurs expériences personnelles de la rencontre du Christ. La foi, pour personnelle qu’elle soit, ne peut être individuelle et isolée. Elle est par nature ecclésiale. Ce texte de l’Evangile annonce le passage du temps du Christ à celui de l’Eglise. « Bienheureux, ceux qui croient sans avoir vu » dit Jésus. Et désormais, ce sera le lot de tous les croyants, qui n’auront plus l’occasion de côtoyer le Ressuscité. La foi repose désormais non sur la vue, mais sur le témoignage de ceux qui ont vu. C’est bien l’Eglise qui commence et c’est cette Eglise qui est dépositaire de la foi des apôtres et qui doit témoigner du Ressuscité.

- et voilà la 3ème dimension : la mission.

« Comme mon Père m’a envoyé, mai aussi je vous envoie »dit Jésus à ses disciples. Il a commencé par leur dire : « La paix soit avec vous ». Et dès qu’ils sont rassurés, c’est l’envoi : allez dehors au milieu du monde. C’est chaque fois la même chose avec le Christ, quand il donne, il dit qu’il faut partager. Cela a la même signification que le rendez-vous fixé en Galilée. Les chrétiens ne peuvent pas s’enfermer sur eux-mêmes et s’accaparer le Christ pour eux seuls. L’Eglise du Christ ne peut être qu’ouverte et en état de mission.

Sur les traces de Marie Poussepain, ou dans la communauté chrétienne des policiers de France, que nous progressions nous aussi dans notre foi, comme les disciples,  avec ces 3 dimensions indissociables qu’il nous faut tenir dans nos vies:

la rencontre personnelle avec le Christ ressuscité,

le partage de la foi en Eglise, 

et la mission comme témoins du Vivant.

ASSEMBLEE GENERALE

 

TOURS

 

06 – 07 avril 2013

« Grande Bretèche »

(Maison mère des Dominicaines de la Présentation)

 

Samedi 6 avril.

 

Ouverture de l’Assemblée Générale.

 

Après le temps de prière traditionnellement animée par Marcel Martinon, Paul Bagarre assurait l’accueil au nom de la délégation de Tours.

A son tour, Hervé Deydier, Président National, saluait tous les participants. Il invitait à commémorer solennellement la création de notre association qui fête, cette année, ses 50 ans d’existence, avec une attention toute particulière pour celles et ceux qui n’ont pu se joindre à nous, et notamment Jean Ferrat, dernier des membres fondateurs du mouvement, et Michel Roure qui n’a pu participer à cette dernière étape de la marche de St Martin, en partie initiée par lui il y a cinq ans.

 

Rapidement, les participants étaient invités à se répartir, pendant une heure, en quatre carrefours de réflexion sur le projet de révision de la charte de Police et Humanisme, pendant que se réunissait le Conseil d’Administration.

 

En milieu de matinée, retour en séance plénière pour faire le point sur le Veilleur, le Site, le pélerinage d'Assise. et le PMI (avec l'intervention du Colonel de Gendarmerie, Jean-Marie Ogès, vice-président de l'Hospitalité Notre Dame des Armées : https://sites.google.com/site/hndadaf/assignments/rencontreaveclespolicierschretiens)

Après le repas de midi, les travaux reprennent avec l’Assemblée Générale statutaire : rapport moral du président Hervé Deydier, rapport financier du trésorier Philippe de Chalain, rapport spirituel de l'aumônier Noël Choux. Suivirent des rapports des présidents de délégation : Tours, Brest, Rennes, Paris, Strasbourg, Lille, Bordeaux, Marseille, Reims, Le Puy en Velay et un point sur les DOM-TOM

A 15h00, nous accueillons Mgr François du Sartel, Vicaire Général du diocèse de Tours, qui assiste à la « remontée » des carrefours.

Successivement, les rapporteurs présentent les travaux des différents groupes de travail sur la Charte :

Martine Meynard, carrefour de réflexion sur le préambule

Alexandre Ghanem, carrefour de réflexion sur l’article premier

André Léau, carrefour de réflexion sur l’article deux

Pascale Blanchard, pour le carrefour sur l’article trois

 

Mgr du Sartel proposait ensuite une rapide synthèse et esquissait quelques pistes de réflexion :

« En vous écoutant, quelque chose apparait lumineux dans mon esprit : le premier chrétien, c’est effectivement le Centurion au pied de la Croix, lorsqu’il confesse ‘Vraiment cet homme était le Fils de Dieu’. Cette parole devrait vous « booster » un peu, dans la mesure où vous avez évoqué le déni qui vous frappe parfois en tant que policiers et chrétiens. Il s’agit d’ailleurs peut-être plutôt d’un défi : pourquoi est-il si compliqué de croire qu’il est difficile d’être en même temps policier et chrétien ? Peut-être parce qu’on définit mal la paix, trop souvent vue comme un « consensus mou », comme une absence de tension.

Dans la tradition spirituelle, les Pères de l’Eglise dénoncent ce qu’ils appellent la « fausse paix ». St Benoît la réfute catégoriquement dans sa règle : « La paix, elle aussi peut être mauvaise, soit que l’on s’installe dans une fausse paix ou parce qu’on manque la sincérité. La fausse paix fait l’enfer de la terre »

Il ne s’agit pas tant d’être gardien de la paix, que de la « faire ». Et faire la paix, cela exige la vérité et non d’exister simplement dans un climat de latence. Il nous faut exiger que la vérité soit faite pour être au service de la « vraie paix ». Dans une société, il faut qu’il y ait des gens au service de la paix. Jésus n’est pas du tout quelqu’un de mou, bien au contraire : sa parole secoue les gens, au point que son exigence de vérité a entraîné sa mort. Mais dans ce climat de tension auquel vous êtes quotidiennement confrontés, comment être vraiment « moteur » de la paix ?

Dans le message de Benoît XVI, pour la journée de la paix du 1er janvier dernier, le pape évoquait notamment, dans sa conclusion, « la pédagogie de la paix qui exige une vie morale appropriée ». Les œuvres de paix doivent éduquer à la paix et pas seulement parler de la tolérance qui n’est pas en soi une vertu chrétienne, sauf si elle s’accompagne du respect de la dignité de l’autre, si elle débouche sur l’amour du prochain. Aimer est beaucoup plus exigeant, plus ambitieux que le simple fait de tolérer les différences.

Le St Père invitait encore à renoncer à la vengeance, à reconnaître ses torts et à pardonner pour que la pédagogie du pardon se répande. Il invitait donc à renoncer à la « fausse paix que promeuvent les autorités de notre monde. Cette exhortation est à méditer et à cultiver. En tant que chrétiens et policiers, vous êtes donc conviés à vivre une paix véritable, qui soit constructive

Une seconde observation : vous faites visiblement preuve d’un réel esprit de corps. Cela est précieux à condition que ce ne soit pas un réflexe sectaire. Puisque vous sentez que votre vie professionnelle est remplie de tensions, cette dimension fraternelle de l’esprit de corps est fondamentale, car mieux vous vivrez vos relations humaines et mieux vous accomplirez votre travail.

Souvent on se plaint de manquer de personnes dans les mouvements. Mais ce qui fait la force, ce n’est pas tant le nombre que la conviction profonde qui nous anime. Il faut avoir la certitude que ce qui est semé par Dieu ne peut que croître, car nous portons bien plus que nous-mêmes.

Nous sommes dans la réalité pascale : au milieu de tous nos échecs, de toutes nos souffrances, il y a en germe ce que le Seigneur vit dans sa résurrection et qu’Il nous invite à vivre avec Lui et par Lui. Il serait bon que vous puissiez prendre conscience, un jour, que vous êtes aussi portés dans la solidarité de la prière chrétienne.

Par ailleurs, ce fameux ‘déni’ ne s’appuie souvent que sur une caricature de la violence des policiers. La vraie force est celle de la conviction, et lorsqu’un policier regarde les personnes avec respect cela est aussi un témoignage. Regarder à la manière du Christ, c’est aider à sortir l’autre de son enfermement et lui permettre d’exister. 

 

A 17h30, tous les participants prenaient le chemin de la Basilique St Martin pour une messe dans la crypte, présidée par Mgr Aubertin, archevêque de Tours. Après un repas fraternel préparé par la communauté des Bénédictines qui animent la Basilique, une sœur nous offrait une petite conférence illustrée présentant certains aspects moins connus de la vie de St Martin.

 

Dimanche 7 avril.

Reprise de l’Assemblée Générale statutaire.

A noter pour les Messes de la St Martin. Il sera bon que celle de cette année fasse clairement référence au 20° anniversaire de sa désignation comme patron des policiers chrétiens. Hervé est invité à écrire un petit mot qui pourrait être lu au début des célébrations. A noter que la devise « pro patria vigilant  figurant sur le drapeau de la Police Nationale (qui défile en tête des policiers, au 14 juillet) est celle de… St Martin.

Notre assemblée générale se clôturait par la messe solennelle animée par les sœurs Dominicaines de la Présentation qui nous ont accueillies dans leur Maison Mère de la Grande Bretèche, tout au long du week-end. Après le repas, chacun reprenait la route, remis en selle et regonflé par ces quelques journées à la fois très denses et fraternelles.

Voici les photos de la Marche de Saint Martin et de l'Assemblée Générale prise par Chantal...

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