L'association Police et Humanisme permet aux policiers chrétiens 

de partager sur leurs pratiques professionnelles 

dans un esprit de convivialité, 

à la lumière de l'Evangile.

 

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Les photos de l'Assemblée Générale tenue à Lisieux les 11 et 12 mars dernier

 

 

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Communiqué de Police et Humanisme

suite à l'Assemblée Générale de Lisieux

11 et 12 mars 2017

 

 

Quelle place pour la Police dans une démocratie ?

 

 

Tel était le thème choisi pour l'assemblée générale 2017 de notre association Police et Humanisme - Communauté chrétienne des policiers de France - tenue les 11 et 12 mars à Lisieux. Le Père jésuite Paul Valadier, auteur de renom, homme de sagesse, de foi et d'expérience, en était l'invité, venant prendre connaissance du fruit de nos travaux et, en y réagissant, nous aider à dégager quelques idées-forces qu'avec lui nous aimerions donner en partage à nos collègues et à tous ceux et celles que notre message peut atteindre, en cette période où précisément les citoyens de ce pays s'apprêtent à décider des orientations majeures qu'il connaîtra dans les cinq années à venir.

 

- Nous savons tous qu'en régime totalitaire ou autoritaire, la police se voit très peu dans la rue: en fait elle est partout, au besoin à travers les relais et le quadrillage qui en font un instrument d'emprise sur la société. En démocratie, sa visibilité est nécessaire, en tant que garante d'un dialogue créatif possible avec tous ceux qu'elle protège ou ramène vers le respect des règles. C'est ainsi qu'elle concourt à sauvegarder nos libertés, mises en question d'un côté par l'inflation des moyens techniques de surveillance et de contrôle (spectre du Big Brother), de l'autre par son éviction voulue de territoires où la mainmise de mafias ou le repli communautaire cherchent à s'imposer à leur détriment.

 

- En démocratie, c'est en direction des instances de pouvoir que le contrôle et la critique doivent pouvoir s'exercer sereinement et utilement. La police ne peut la servir sans s'y soumettre loyalement elle aussi. Encore faut-il que les institutions chargées d'y veiller et de remédier aux manquements se voient reconnaître comme sources prééminentes d'une information objective et fondée, par tous ceux concourant à l'information du public.  Parmi ceux-ci les médias ont le rôle particulier, à la fois de renvoyer à cette prééminence et d'y inciter tous les acteurs, à l'encontre des débordements de passion et de violence auxquels son oubli donne libre cours. C'est une des leçons de "l'affaire Théo", quel qu'en soit l'épilogue.

 

- Rempart toujours plus surchargé d'une société où l'individualisme et une relation négative à la responsabilité chassent la quête des compromis, d'une société qui ainsi se fragmente et se judiciarise à outrance, le policier soumis à des injonctions multiples et parfois contradictoires est sujet à l'écartèlement et à la saturation. D'énormes progrès ont été accomplis en termes de techniques et de formation, mais il n'est ni bon ni sain que le policier se confonde avec un rôle. Il lui faut l'habiter de sa personne, le vivre comme une vocation. Il lui faut, comme dans tout métier adopté, se découvrir heureux à la place où il est. Cela rejoint la démarche initiée par les évêques de France à l'approche des élections, privilégiant le sens "du politique" plutôt que "la politique": Travailler à ce que notre société promeuve des citoyens conscients d'eux-mêmes. La motivation d'un policier ne peut être seulement le salaire ou la griserie du pouvoir. Un défi à relever.

 

- Outre une efficacité accrue des procédures de recrutement, de formation continue et de suivi social et psychologique que requiert  cette adéquation éthique plus assurée de l’homme et de la fonction, Police et Humanisme rappelle sa propre manière de la faire vivre davantage, à partir des trésors d’humanité que ses membres puisent ensemble dans l’Evangile. Cet appui sur la Parole qui élève est au cœur de la charte qu’elle s’est donnée, et nous nous réjouissons que s’amorcent des réponses à la quête de sens qui monte chez les policiers. Qu’ils puissent avoir des occasions de partager librement la parole de chacun et de réfléchir ensemble grandira la dimension éthique d’un métier tourné vers l’homme.