L'association Police et Humanisme permet aux policiers chrétiens 

de partager sur leurs pratiques professionnelles 

dans un esprit de convivialité, 

à la lumière de l'Evangile.

 

 

 

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Entretien publié dans La Croix des 24-25 décembre

 

« Croire en Dieu,

c’est aussi croire en l’homme,

malgré la barbarie »

 

Pour Denis Chautard, prêtre à la Mission de France,

aumônier de la préfecture de police de Paris,

les récits des policiers témoignent qu’il y a des moments de lumière,

même dans les pires situations.

 

 

Quel regard posez-vous sur l’année écoulée, depuis votre fonction d’aumônier de la préfecture de police de Paris ?

Père Denis Chautard : Ce qui me frappe, c’est le climat de division qui règne dans notre pays. La solidarité s’affaisse à mesure que s’accroissent les tensions sociales. La réalité veut qu’il y ait en France des groupes humains qui ne communiquent pas entre eux, qui se détestent, et l’on s’en accommode. Quand fin avril, pendant une mobilisation des gilets jaunes à Paris, des manifestants crient aux policiers « suicidez-vous », on atteint là le paroxysme de la haine. Ces violences mettent à mal les propres fragilités des policiers. Certains se réfugient derrière la force et la puissance, mais cela ne signifie pas qu’ils ne sont pas en difficulté psychologique, sociale, affective. Plus que jamais notre devoir de chrétien est de créer des liens entre ces univers qui s’ignorent, entre les personnes qui se jugent et s’exècrent.

En octobre, quatre fonctionnaires ont été tués dans l’enceinte de la préfecture de police de Paris par un de leurs collègues. Les policiers n’ont-ils pas perdu toute espérance après cet attentat ?

P. D. C. : Tous les policiers ont été terrassés par ce drame. Mais ce qui m’a frappé à ce moment-là, c’est le retour à l’essentiel qui s’est opéré chez eux. Et précisément sur le sens de leur mission : celle de garder la paix. Frappés en plein cœur, leur engagement leur est apparu d’autant plus nécessaire. J’ai aussi pu observer leur humanité, dans les moments les plus terribles. Je pense notamment à Jonathan, le jeune policier qui a dû abattre l’auteur de l’attentat en faisant usage de son arme. Après son geste, il s’est écroulé, effondré en larmes. Pour moi c’est quelque chose de grand, de très grand. Il a fait son devoir, mais il a eu conscience d’avoir pris la vie de quelqu’un.

Comment Noël peut-il être porteur d’espoir et d’apaisement, dans le contexte social violent que nous vivons ?

P. D. C. : Ce qui me marque dans l’expérience des policiers, c’est qu’ils ont tous des anecdotes de terrain où, alors qu’ils imaginaient le pire d’une situation, le meilleur s’est finalement produit. Ces moments inattendus sont comme des Noëls au quotidien, où l’on découvre l’enfant de la crèche, à un moment où on ne l’attendait pas, dans un lieu de fragilité extrême – une étable, où l’on ne l’attendait pas. Leurs récits témoignent qu’il y a une humanité possible, des moments de lumière, même dans les pires situations, même chez ceux qu’on croit perdus. C’est une expérience humaine magistrale. C’est aussi le sens de Noël : Dieu s’est fait homme en envoyant son fils Jésus, le Prince de la Paix. En réalité, Dieu nous invite par son Fils à croire en notre propre humanité. Croire en Dieu, c’est aussi croire en l’homme et ne jamais désespérer malgré sa bestialité et sa barbarie.

Recueilli par Héloïse de Neuville

 

 

 

 

 

 

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